Yasmina Khadra riposte à Rachid Boudjedra


CULTURE (Tamurt) – C’est désormais la guerre entre les deux célèbres écrivains algériens Rachid Boudjedra et Yasmina Khadra. Plus d’une fois, Rachid Boudjedra dont l’insulte des autres écrivains algériens, est l’une de ses activités de prédilection, s’en est pris à Yasmina Khadra auquel il dénie même le titre de romancier.

Rachid Boudjedra a toujours qualifié le style d’écriture de Yasmina Khedra « de journalistique ». Jusque-là, Yasmina Khadra s’est maîtrisé et n’a jamais répondu aux attaques de Rachid Boudjedra quand bien même ces dernières relèvent parfois de la méchanceté gratuite. Mais Rachid Boudjedra semble avoir franchi le Rubicond suite à la publication récente d’un pamphlet intitulé « Les contrebandiers de l’histoire » et dans lequel Rachid Boudjedra s’en prend à plusieurs écrivains algériens dont Yasmina Khadra.

La riposte de ce dernier ne s’est pas faite attendre cette fois-ci. Yasmina Khadra s’adresse ainsi à Rachid Boudjedra : « Je sais que tu crèves d’envie que je réagisse à tes diatribes, persuadé que mon mépris te martyriserait moins que mon silence. Qu’à cela ne tienne. Puisse mon mépris te toucher comme une grâce et t’éveiller au ridicule dans lequel tu te complais comme le ver dans le fruit. Tu dis que je ne suis pas un écrivain. C’est ton droit. Pourquoi te faut-il en souffrir ? Tu as voulu semer le doute au sein de ma famille. Raté. J’ai la chance d’avoir épousé la plus merveilleuse des femmes ».

Yasmina Khadra poursuit sa réponse virulente à l’égard de Boudjedra : « Tu me traites de bougnoule de service ? Sache que suis boycotté par l’ensemble des institutions littéraires de France depuis 2008. Tu contestes mon algérianité ? Je te rappelle que lorsque tu te terrais à Paris, durant la décennie noire, je menais une guerre atroce dans les maquis terroristes. Sans mes compagnons de combat et mes milliers de morts, jamais tu n’aurais remis les pieds en Algérie ».

Yasmina Khadra enchaine en s’adressant à l’auteur de « La répudiation »: « Détrompe-toi, Rachid. Je ne suis qu’un romancier qui s’évertue à mériter l’intérêt de ses lecteurs. Sans fard ni fanfare. Sans polémiques ni la moindre agressivité. Je travaille dur, tu sais ? Personne ne me fait de cadeau. Ce n’est pas un hasard si je demeure, à ce jour, l’écrivain algérien le plus lu en Algérie, l’écrivain maghrébin le plus lu au Maghreb, l’écrivain arabo-berbère le plus traduit (50 pays) et le plus apprécié (10 millions de lecteurs) dans le monde ».

Yasmina Khadra ne cache pas ici son côté mégalomane et narcissique auquel il nous a habitué, comme on peut le constater. Il poursuit dans la même lancée avec le même style acerbe : « Au lieu de passer ton temps à traîner dans la boue les étoiles du ciel, Rachid, tâche de soigner tes textes. Notre pays a trop souffert des jalousies crétines et des anathèmes. Nos enfants attendent de voir en leurs génies les aurores boréales qui manquent à leur horizon. Aucun pays ne peut s’émanciper sans mythes et aucune jeunesse ne peut forcir sans idoles. Si notre pays n’en dispose pas, créons-les de toutes pièces comme font les nations fières de leur culture, au lieu de nous empresser de décapiter toute tête qui émerge ». 

« Puisse Dieu pardonner tes aigreurs puisque je te pardonne. Avec tout mon chagrin », conclut Yasmina Khadra qui a pourtant déclaré dans un passé très récent qu’en tant qu’écrivain il a été énormément marqué par le style de Rachid Boudjedra.

Tahar Khellaf pour Tamurt

Partager cet article

Réagir

*