Loin des salles de spectacles, des projecteurs et autres sonorisations, c’est dans une petite ruelle du 2e arrondissement de Paris que les admirateurs inconditionnels de Mohya se sont donnés rendez-vous en cette journée ensoleillée du 1er Novembre pour honorer la mémoire de celui qui a fait aussi bien rire que pleurer, mais avant tout éveiller des générations entières de Kabyles. Le collectif « Tajmilt i Muhya » (hommage à Mohya), initiateur de l’évènement, a donc décidé d’organiser cette cérémonie là où Mohya tenait une boutique d’alimentation générale, il y a plus de 30 ans de cela. Les participants commençaient à arriver dès 10 h 30, munis, pour la plupart, de bougies, de fleurs ou encore de bonbons et de gâteaux, quelques-uns avec des bérets basques sur la tête, que Mohya mettait souvent. Ils posaient leurs présents sur le trottoir devant un joli portrait de Mohya sur lequel on pouvait lire « Muhya d taqbaylit, taqbaylit d Muhya » (Mohya c’est la Kabylité, la Kabylité c’est Mohya) Ils étaient déjà des dizaines quand, à 11 h, Essaid Aït Maammar, grand poète kabyle, néanmoins méconnu du grand public, membre actif du collectif « Tajmilt i Muhya », qui s’est déplacé d’Allemagne spécialement pour l’évènement, a pris la parole pour souhaiter la bienvenue à tout le monde au nom du collectif. Il parla brièvement de Mohya, en le qualifiant de « Pilier de la littérature kabyle », avant d’aborder la proposition du collectif que « la journée de la naissance de Mohya soit fêtée par les Kabyles du monde entier, et ce, en organisant des rencontres littéraires et en s’offrant des cadeaux ayant trait à la littérature kabyle ».
Suite à cela, à tour de rôle, les participants récitaient, à haute voix, des poèmes ou des morceaux de l’œuvre littéraire de Mohya, ce qui donna un peu d’animation à la ruelle, habituellement très calme. Les passants, curieux, s’arrêtaient souvent pour essayer de comprendre ce qui se déroulait à côté de chez eux.
La cérémonie fut clôturée vers 13 h 30 par Zahia, résidente de Lyon, elle aussi membre active du collectif, qui a exprimé la volonté de ce dernier à faire encore plus l’année prochaine afin de faire connaitre Mohya et son œuvre au grand public, et à travers lui, promouvoir la littérature kabyle. D’ici là, le collectif a tenu à souhaiter « Tskelmuḥyett tameggazt » aux Kabyles du monde entier.
"Taskelmuḥyett » qui vient des mots « Tasekla » (Littérature) et Muḥya (Mohya), fut le nom donné par le collectif pour cette journée.
Ce fut un véritable moment de communion où les participants étaient tantôt émus, non sans constater des larmes couler sur les visages de quelques-uns, tantôt joyeux, selon les récitations.
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