Selon Rachid Boudjedra « Kamel Daoud était un membre du GIA »

Kamel Daoud

ALGÉRIE (Tamurt) – A moins que ce ne soit une élucubration de plus de la part de l’écrivain Rachid Boudjedra, l’accusation qu’il émet à l’endroit du romancier Kamel Daoud est gravissime. En effet, dans son dernier livre, un pamphlet d’une centaine de pages intitulé « Les contrebandiers de l’histoire », Rachid Boudjedra écrit noir sur blanc que Kamel Daoud était un membre des Groupes islamiques armés (GIA), pendant les années quatre-vingt-dix.

Une telle accusation ne pouvait naturellement pas laisser indifférent Kamel Daoud, lauréat du Goncourt du premier roman pour son récit « Mersault contre enquête ». Ce dernier vient de déposer plainte contre Rachid Boudjedra au Tribunal d’Oran. Il vient aussi de signer une longue mise au point à Boudjedra. « J’ai longtemps hésité à prendre cette décision. Il n’est pas facile en effet de réagir aux propos diffamatoires d’un écrivain qu’on admirait tant, une des figures aînées de la littérature algérienne, Rachid Boudjedra, et qui, aujourd’hui, semble s’enfoncer dans les compromissions, opter pour le scandale comme moyen d’expression – au lieu du talent. Nous sommes peu nombreux, écrivains algériens, écrivains du Maghreb, dans ce monde mal partagé », souligne d’emblée Kamel Daoud qui enchaine : « En arriver à cette situation est, quelque part, un échec pour tous. Il n’est pas facile non plus de réagir à l’irresponsabilité d’un éditeur, Frantz Fanon, qui ne semble accorder que peu de place à la rigueur et à l’éthique. L’éditeur algérien est fragilisé par un environnement, une économie du livre qui permet à peine de survivre et il subit des pressions diverses. En arriver à cette situation est aussi, quelque part, un drame en soi ». Kamel Daoud ajoute en outre : « Mais comme tout Algérien, j’ai le droit à la dignité, à l’honneur préservé, à l’intégrité. J’ai constaté, depuis des années, que le succès ne va pas sans critiques passionnées, insultes parfois, éloges disproportionnés, ferveurs et détestations. Et je l’accepte. J’essaye d’être un écrivain de cette Algérie qui passionne jusqu’à la douleur ou l’aveuglement sur soi, mais j’ai la vertu de la constance dans mes positions et mes ambitions littéraires ou de journaliste. Je ne réagis jamais aux propos sur ma personne, même les plus blessants. Je pense que, en tant que victimes de la pensée unique, il nous faut encourager, même au prix de blessures intimes, la critique, la différence, le droit même aux détestations ». Et d’ajouter : « Les habitudes virulentes de Rachid Boudjedra sont connues de tous, et nombreux ont été la cible des humeurs de l’écrivain. Mais cette fois, il s’agit d’une diffamation grave, d’une insulte à ma personne, au père et au fils que je suis, à la mémoire blessée de ma génération : lire dans un ouvrage publié que j’ai été « très jeune membre du GIA ! », donc membre d’un groupe d’assassins qui a marqué au sang notre souvenir et nos corps, m’est intolérable. Insupportable. Parce qu’il s’agit d’un groupe d’assassins, parce que cela nous a coûté une décennie de massacres, parce que beaucoup ont été victimes de ces meurtriers. S’amuser avec ce sigle pour régler ses rancunes n’est pas une insulte à ma personne, mais à nous tous. C’est une diffamation si grossière qu’elle laisse désarmé ».

Kamel Daoud rappelle par ailleurs : « J’ai été, comme beaucoup de ma génération, fasciné par la religion comme vision et comme choix. Je l’ai vécue comme une aventure collective aux premières années de ma jeunesse. Comme une ferveur car, en face, on n’avait que ce parti unique qui nous a dévorés, et ce pays qui nous tournait le dos. Ce fut l’aventure de mon adolescence jusqu’à mes dix-huit ans. Avant le FIS, avant la dérive, avant la catastrophe. Comme beaucoup, j’ai parcouru ce sentier jusqu’à son impasse. Et j’en garde un bénéfice : je sais voir la mauvaise foi et mieux analyser les fascinations morbides et les hypocrisies. Durant les années du GIA, j’étais journaliste, exerçant ce métier qui a payé de ses martyrs sa vocation. Je n’avais pas un couteau, mais un stylo. J’ai tout accepté de cet écrivain aîné et admiré : même les propos faux, les exagérations, les dérives – et depuis des années déjà. Mieux : je l’ai soutenu sans réserve lorsqu’il a été piégé de manière abjecte il y a quelques mois par la chaîne de télévision Ennahar TV. Mais je ne peux admettre d’être confondu avec une bande de tueurs ». Poursuivant sur sa lancée, Kamel Daoud écrit, non sans colère et indignation : «  J’ai des enfants et j’aimerais leur laisser l’image du père honnête et travailleur que je suis. De l’homme qui défend sa liberté avec la force de ses ancêtres et le sens de la dignité qu’il veut laisser en souvenir à sa descendance. Je ne peux accepter cela. Pas uniquement pour des raisons personnelles, mais aussi par égard pour la mémoire déchirée de notre pays. Il faut lutter contre cet effondrement moral, celui du sens de l’éthique dont cette affaire n’est qu’un signe ». « Une plainte a été déposée contre cet écrivain et son éditeur pour exiger réparation et excuses publiques. Je vis dans mon pays et c’est vers la justice de mon pays que je me tourne, pour qu’on consacre le principe du droit à la dignité pour chacun et que cesse cette prétention à l’immunité au nom de l’humeur », conclut Kamel Daoud deuxième écrivain à réagir après Yasmina Khadra, attaqué aussi dans le livre de Boudjedra.

Tahar Khellaf pour Tamurt

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  1. Ridicule. On sait que Kamel etait issue d’une famille religeiuuse muz mais rien d’autre. Par contre le boujedra est un ami du systeme fantoche au piuv oir qui a invite les GI* donc, ce Tunisien est complice De Facto!

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  2. A l’attention des rédacteurs du site,
    Si l’affaire Rachid Nekkaz ne concerne en rien les kabyles et la Kabylie, en quoi la querelle entre deux deux arabo-berbère pourrait elle les concerner ?
    Vous avez deux heures, après je ramasse les copies !

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      1. @ Artémis,
        Azul felam,
        Le teigneux et atrabilaire Rachid est un chaoui qui s’ignore…. volontairement . Quant à Daoud, gentil grand rescapé de l’islamisme, il nie être arabe et revendique une origine berbère.
        A ce titre, et pour ces raisons, c’est être de mauvaise foi et mauvaise langue que de dire qu’ils ne sont pas berbère.
        Si vous aviez écrit A r t E m i s ( avec  » yiwen » l’ é à la place du i ) au lieu d’Artimis, la note aurait été de 19 / 20.
        Thanmirth im.

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    1. @Un Connu
      La reponse est simple: Kamel Daoud est un democrate qui se dit Algerien mais pas arabe et qui est exactement le genre de personne que la Kabylie celebre. Aucune comparaison avec ton Nekkaz, defenseur des islamistes en France; en plus il n’est pas un arabo-berbere, juste arabe!

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      1. Wa Izem Amoukrane,
        Azul felak,

        ( T’as mal lu mon post. J’ai parlé de Rachid Boudjedra et de K. Daoud mais jamais causé de Nekkaz dans le fil de cette discussion )
        En effet Daoud se dit algérien mais déclare être d’origine berbère ! Quant à Nekkaz, sois assuré que je n’ai aucun titre de parenté ou de propriété pour que tu me le prête comme étant mien ( référence à ta formule  » ton Nekkaz » ) .
        Je sais qu’il embrasse tous les matin, midi et soir les islamistes et les caresse affectueusement dans le sens du poil . ( Il est pas con le bonhomme pour savoir que c’est chez les barbus et les bâchées qu’il va trouver un troupeau d’abrutis pour le suivre dans son délire de grandeur .)
        Oui, le mec souffre d’une hypertrophie de l’égo au point d’aller se faire éclater la gueule pour faire le buzz en France et en Algérie. Son problème n’est pas l’Algérie ni les détournements de fric, mais sa notoriété.
        Je le soupçonne même d’avoir répudié la nationalité françoise comme Jésus a répudié sa femme.
        Arabe ? Qu’il aille le raconter et le faire voir aux Saoud !

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    2. Je suis plié de rire par votre commentaire vous avez un brin de fellag. Hihihihihi.
      Il nous faut lire de pareils interventions davantage, ca décoince surtout les matins. Merci

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  3. boujedra a pour mission de dénigrer les auteurs qui ne sont pas sous la botte du système. N’oubliez pas qu’il était jadis à la tête du bureau de censure. Aujourd »hui il est toujours au service de la maison. Donc s’il se permet une accusation aussi grave à l’encontre de kamel daoud, c’est qu’il a reçu des assurance. le rôle d’un vrai écrivain ne consiste pas à régenter les idées des autres.

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  4. Kamel Daoud ne s’est pas rabaissé et n’a jamais accepté les invitations des chaines TV fantoches Ennahar et Echourouk ,pour ne pas les citer , pour se faire humilier . donc de grace si Monsieur Boudjedra avait un peu de bon sens et de lucidité ,il n’aurait jamais accepté d’etre invité pour qu’on lui pose des questions betes comme par exemple : est ce que tu crois en dieu, est ce que tu fait la priere …etc .
    donc qui encourage GIA dans ce cas ? c’est Rachid boudjedra
    ce Boudjedra n’a t il pas insulté Assia DJEBARRE ,Kateb Yacine , D’ALMULUD AT MAAMER . ? il n’a epargné personne , parce que il est jaloux de talent des ces grand noms de la litterature Algerienne.

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  5. @inconnu
    Votre propos est absolument abject d’une bassesse innommable .
    Même pas le courage d’exprimer une signature un peu plus visible .
    Enfin continuez à décridibiliser un peu plus la cause que vous souhaitez défendre par votre posture raciste ,radicale, intolérante ,anti démocratique .
    Bref c’est affligeant ,mais croyez moi l’histoire des libérations des peuples ne s’est jamais construite sur la démagogie mais bien sûr des idéaux respectables et des convictions profondes .Vous me faites pitié .
    Salut . Cordialement .

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  6. Madame Salima,
    3 / 20.
    A la question qui ne demande guère grandes connaissance et réflexion, vous commettez l’impair de faire un phénoménal hors sujet . Vous avez une facile propension à la digression au point de dériver vers des concepts dont vous semblez ne pas maîtriser convenablement le sens. Ne pas comprendre son sujet affecte gravement votre note.

    A l’avenir, Ne confondez pas dégoiser des inepties et injures avec disserter !

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