Salon international du livre d’Alger : Amin Maalouf refuse d’y participer

Amine Maalouf

CULTURE (Tamurt) – A l’instar de nombreux autres écrivains confirmés et de renommée internationale, le romancier franco-libanais (prix Goncourt) et membre de l’Académie française depuis 2011, Amin Maalouf, a refusé catégoriquement d’être l’invité d’honneur de la 22 ème édition du Salon international du livre d’Alger (Sila) qui se tiendra du 25 octobre au 5 novembre.

Après des tractations ayant duré plus de trois mois, les membres de la délégation du Sila, chargée de convaincre l’auteur de « Léon l’africain » de venir prendre part en tant que tête d’affiche à l’événement sont restées vaines. Les émissaires du commissaire du Salon international du livre d’Alger sont revenus bredouilles. Pourtant, les organisateurs du Sila, bien avant d’avoir arraché l’accord d’Amin Maalouf se sont empressés d’annoncer que sa participation était acquise. Une pratique indigne d’une manifestation culturelle censée être internationale et l’activité culturelle la plus importante de l’année en Algérie. Sans doute, les organisateurs, en agissant de la sorte voulaient mettre Amin Maalouf devant le fait accompli. Mais c’est mal connaitre l’auteur des « Identités meurtrières » qui n’est pas tombé dans le piège qui lui a été tendu.

Le Sila en effet est loin d’être une activité purement culturelle. Il s’agit plutôt d’une manifestation ayant pour but de redorer le blason au pouvoir et aux hommes du système. D’ailleurs, les « auteurs » les plus médiatisés lors de la tenue de ce Salon du livre, ce sont les anciens ministres et les personnalités du sérail ayant eu recours à des nègres pour rédiger leurs mémoires. Quant aux romanciers, les vrais, quand ils sont présents, ils servent de faire-valoir et ils sont là juste pour conférer une certaine crédibilité à cet événement qui va coûter cette année 8 milliards de centimes au lieu des 12 milliards habituels, à cause de la crise financière.

Tahar Khellaf pour Tamurt

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  1. Comment un écrivain de renommée mondiale doué de conscience peut-il cautionner une telle manifestation alors qu’une foule d’écrivains locaux sont soumis, pour une malheureuse conférence, à l’obtention d’une autorisation qui, dans le meilleur des cas, ne s’obtient qu’après un parcours de combattant pour. Sans parler du journaliste ou du simple bloggeur qui se retrouve en prison pour avoir dit des vérités qui dérangent, ou pour avoir rejeté le dictat de la religion officielle.
    Les responsables du SILA devraient d’abord assurer auprès de leur hiérarchie de la présence des écrivains locaux traités dans les mêmes conditions que les écrivains d’allégeance. Tout le reste n’est que folklore, de la gesticulation.

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