La peinture et l’identité kabyles au Canada


DIASPORA (Tamurt) – L’Association des kabyles du Canada a organisé, dimanche 14 mai, au Collège André-Grasset, une journée autour de la peinture et de l’identité. Deux conférenciers ont animé l’événement: Amer Nat Mussa, diplômé de l’École supérieure des Beaux-arts d’Alger et de l’Université d’Aix-en-Provence en arts visuels, a parlé du rôle de l’art populaire dans la naissance d’une peinture moderne et contemporaine; Mohand-Ali Allioui, docteur en information et en communication de l’Université de Provence, journaliste et producteur radio, a développé le thème de l’oralité au web 2.0, l’identité kabyle à l’aune de la communication et des médias.

Amer Nat Mussa a brossé un tableau historique dans lequel il a montré l’influence de l’art populaire amazigh sur les différentes générations de peintres algériens. Il dira que tous les courants picturaux avaient revendiqué la filiation amazighe de leur art, excepté le courant orientaliste qui deviendra, après l’indépendance, l’art officiel favorisé et soutenu par l’État algérien. Le conférencier a tenu à relier les artistes-peintres à l’ensemble du mouvement historico-culturel qu’a connu le pays. Par exemple, le groupe Awcem, qui s’était ouvertement opposé à l’imposture arabo-islamiste de l’Algérie indépendante, avait écrit, dans son manifeste, en 1967: « Aouchem est né il y a des millénaires sur une paroi des grottes du Tassili. Il a poursuivi son existence jusqu’à nos jours…»; c’est cette influence qu’Amer Nat Mussa a montré durant son exposé qu’il a conclu par un appel à retrouver le génie de nos ancêtres. Il a, à la demande des intervenants, rapidement présenté ses propres tableaux qui étaient exposés dans la salle de conférence.

Quant à Mohand-Ali Allioui, il a parlé de l’identité kabyle à l’ère de l’Internet. Après avoir brièvement rappelé les grandes phases historiques, son exposé s’est attardé sur le temps présent. Il a expliqué comment évolue l’identité kabyle à travers le Web. Cet outil, selon le conférencier, permet à cette identité, menacée de toutes parts, de se déployer à grande échelle: elle bénéficie, grâce à la Toile, de visibilité, de valorisation, d’intensification des échanges, et connaît de nouvelles formes d’organisation, de promotion, etc. Il a estimé qu’Internet est un espace autonome de «construction et de réappropriation identitaire». Le concept d’identité, comme on s’en doute, demeure fluctuant; c’est pourquoi il a suscité un débat très enrichissant entre le conférencier et le public. L’événement a été clôturé par des remerciements aux sponsors et une promesse de se retrouver bientôt autour d’autres thèmes culturels à partager.

Amar Ait Ameur pour Tamurt

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  1. Je voudrais vous préciser que la photo que vous avez publiée avec cet article n’a rien à voir avec l’événement que vous rapportez. Cette photo a été prise lors de la conférence du Dr Benhadidi sur les énergies renouvelables et le développement durable, j’y étais.
    Merci de corriger. Tanemirt.

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  2. Azoul felawen mara à lakvayel athnif. Adhirham rabi thaabot iknidigen. Le kabyle vivra jusqu’à la fin des temps avec son bienfait dans ce monde par contre la langue arabe est envoie de disparition,d’apres cheikh aheddadh , cette dernière ne sera utile que pour la prière. Vive gpk, Vive mak anavadh, Vive thadhoukli lakvayel mara, Vive l’indépendance kabyle.

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