Dans son nouvel album : Brahim Tayeb dénonce la misère des harragas

Brahim Tayeb

CULTURE (Tamurt) – Dans son tout nouvel album 2017, intitulé : « Sighed itran-ik » et sorti le 15 août dernier, le grand chanteur kabyle, Brahim Tayeb, dénonce dans l’une de ses belles chansons la situation misérable que vivent les jeunes algériens. Brahim Tayeb rappelle que les jeunes algériens ne rêvent désormais  que d’une seule chose : quitter le pays et aller vivre dans des cieux plus cléments, notamment en Europe, au Canada et aux Etats-Unis. Même quand le prix à payer risque d’être leur vie.

Pour ce, prendre le large avec des moyens dérisoires constitue la seule alternative à ces jeunes dont les rêves ont été brisés par le pouvoir algérien qui a pulvérisé le pays en le livrant, corps et âme, à la rapine, à la corruption et à la mauvaise gestion. Avec un texte poétique extrêmement imagé et une musique savamment élaborée, Brahim Tayeb réussit à décrire la détresse infinie des jeunes harragas algériens qui mettent leur vie en péril dès lors qu’en tous les cas, en Algérie, il n’y a plus de vie possible dans un tel climat de crise avec une progression endémique du chômage et d’autres fléaux. Des millions d’universitaires n’ont aucune chance de décrocher un poste de travail puisque, comme tout le monde le sait, en Algérie, pour avoir droit à un emploi, il faut du piston ou encore avoir recours à la promotion « canapé », désormais très fréquente en Algérie.

En plus de cette belle chanson « tiflukin » ou les navires, où Brahim Tayeb fait ressortir toute la misère des jeunes algériens délaissés par les pouvoirs publics et par le destin, le nouvel album comprend aussi cinq autres chansons dont une chanson fleuve chantée en duo avec Hassiba Amrouche et Hamidou ainsi qu’un hommage à Chérif Kheddam et à tous les artistes kabyles qui ne sont plus de ce monde. Il s’agit du neuvième album de Brahim Tayeb, connu pour être un artiste perfectionniste qui prend tout son tout pour renouer avec son public. Brahim Tayeb s’est fait connaitre dès la sortie de son premier album, intitulé « Ussan-nni », édité à la fin des années quatre-vingt. Depuis, les nouveautés de Brahim Tayeb ont été toujours été des succès.

Tahar Khellaf pour Tamurt

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  1. A mon avis, il devrait dénoncer davantage la misère de la Kabylie face à ce régime corrompu et colonial d’alger. Tous les artistes kabyles doivent prendre fait et cause pour l’indépendance de la Kabylie sinon ils ne serviront plus à rien. Vive la Kabylie indépendante.

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