Merci, chers députes !

APN

CONTRIBUTION (Tamurt) – Et voilà, toute peine mérite salaire et toute allégeance se paie très cher. Des élections municipales et départementales viennent d’avoir lieu en Algérie, élections qui ont vu, comme à l’accoutumé, les assemblées locales raflées par les frères siamois du régime algérien : le plus vieux et plus corrompu parti politique (le FLN), et son alter ego, le parti de la junte bureaucratique et affairiste (le RND). Des strapontins et des communes périphériques ont été attribués à toutes les autres formations politiques  qui  ont   bien  voulu,  pour  maintenir  une  source   de  revenu  et une   pseudo  existence, participer à cette énième mascarade électoraliste, opportunistes, islamistes et fantaisistes compris. Rien de nouveau à l’horizon ! « anexsar meqqar, a yak nugh tannumi »* disait Lounis. Trois jours plus   tard,   le   parlement   algérien,   une   autre   assemblée   votée   également   dans   des   conditions frauduleuses habituelles, se prononce sur le budget algérien pour l’année prochaine 2018. Inutile de revenir   sur   l’illégitimité   de   ces   représentations   ni   sur   leurs   prérogatives   réelles.

La   décision politique, secret de polichinelle,  n’est jamais sortie des urnes en Algérie depuis 1962, elle se situe dans les coulisses du pouvoir, entre la caste militaire et la mafia rentière qui s’est accaparée le territoire. Deux décisions ressortent de cette dernière farce, la première est l’objection des députes algériens à l’instauration d’une taxe sur la fortune, ce qui est logique étant donné que la fortune et les richesses justement sont partagées par la caste dirigeante et les indus députés qui ne sont élus que sur la base de la rapine et de l’allégeance. Cela renseigne aussi du rapport entre prétendus électeurs et prétendus élus : aucun. Les députés algériens ne rendent pas des comptes aux algériens mais aux décideurs qui les ont désignés, aux parrains qui les ont plébiscités, en gros au régime qui les a adoptés, loin s’en faut du petit peuple qui croupit sous la misère, tremble devant le policier ou gendarme et qui clame Qassaman*. Et ça, c’est une autre histoire. La deuxième décision est le refus de la généralisation de la langue amazighe, première et véritable langue nationale depuis des millénaires, et la boucle est bouclée. La question qui se pose, pourquoi cette même assemblée qui a voté à l’unanimité, il y a un an, l’officialisation de Tamazight, s’oppose à sa généralisation ? La réponse est évidente : Tamazight n’est pas désirée en Algérie et les députés algériens disent tout haut  ce que « le peuple » algérien pense tout bas. Et ce n’est pas avec la participation, ou l’abstention, de la Kabylie, bastion de cette revendication, que les choses vont changer. Merci, messieurs les députés ! À l’aube de l’indépendance déjà, la chose était évidente. Ben Bella, premier président putschiste, a clairement clamé en trois fois l’arabité de nouvel État algérien, les Kabyles, nationalistes qu’ils sont, n’ont pas voulu entendre. Une guerre sera déclarée contre la région, soulevée par le FFS, et 400 anciens   maquisards   épargnés   par   la  guerre   contre  le   colonialisme   français   seront   abattus   par l’Algérie indépendante, à un an d’âge. En 2001 et dans le feu du Printemps noir, Bouteflika, fidèle à son parrain et à leur idéologie bassiste commune, a « juré » que Tamazight ne sera jamais officielle, et « si elle devrait l’être, cela ne pourrait se passer que par un référendum populaire » comme si les peuples du monde votent pour affirmer ou pas leur identité. 128 manifestants seront abattus par des armes de guerre et des milliers de personnes seront blessées à vie pendant cet épisode. Tamazight est reconnue tout de même langue nationale en 2002, et sans référendum ! Il a fallu 15 ans  après le Printemps noir, 22 ans après le boycott scolaire, 36 ans après le Printemps berbère et surtout l’émergence d’un fort courant sécessionniste kabyle, pour qu’une assemblée populaire nationale algérienne croupion, vote à l’unanimité des oligarques islamo-rentiers y siégeant pour que la langue d’une dizaine de millions d’algériens ait, de second degré tout de même, le caractère officiel. Naïfs sont ceux qui y ont cru.

Au moment de la mise en place d’instruments nécessaires pour la généralisation d’une vieille langue, voilà que « les représentants » du peuple s’y opposent.Chasser le naturel, il revient au galop et les députés algériens retrouvent leur véritable nature : les représentants d’un régime colonial prédateur. Le mot est fort, oui, mais qui est cet État, à travers la planète, qui refuse la généralisation, le développement et la promotion d’une langue revendiquée, utilisée et sacralisée par des millions de locuteurs si ce n’est une force colonisatrice et étrangère ? Même l’État d’Israël que tous les arabes du monde vouent aux gémonies en l’accusant de colonisation de la Palestine reconnaît la langue arabe à ses citoyens arabes et les quelques milliers d’arabes qui y résident ont libre usage de leur langue. Pour conclure, il ne s’agit nullement de se rebeller encore, de revendiquer encore ou de se lamenter encore face à un régime clairement ennemi, il faut le combattre, il faut le chasser et songer sérieusement à le dépasser par la mise en place d’un nouvel État, loin du premier, un État qui reconnaît au citoyen son premier droit, celui de parler, de promouvoir sa langue et de rêver avec. Merci aux députés algériens qui nous l’ont bien signifié. * Tant mieux si nous perdons, nous en avons l’habitude. Paroles de Lounis Ait Menguellet.

Ahviv Mekdam

Partager cet article

Un commentaire - Écrire un commentaire

  1. On ne peut en vouloir à ces députés algériens. Ils sont eux mêmes. Il faut reconnaître leur mérité de « l’union  » au moins sur le sujet de notre identité : nous bannir à jamais.
    Cet enieme épisode devra être un rappel à tous ces Kabyles, éparpillés et qui refusent de s’unir pour un seul cap : l’indépendance de notre chère patrie la Kabylie.
    Tout autres voies , c’est Du verbiage inutile , une perte de temps et d’énergie.
    S tagmatt

    Répondre
    1. Azul à slimani pas de guerre, c’est vieux jeu.pacifiquement et intelligemment le monde evolu, juste s’ unir et tout va s’ arranger.vive l’indépendance de la kabylie et vive da ferhath.

      Répondre
  2. s’il vous reste encore une once de fierté, revenez aux sources et prier dans votre langue: le kabyle!

    Massinissa: pourquoi continuer à prier, l’islam avec tous ses corolaires est le facteur principale de domination… , si le peuple Kabyle veux sortir un jour de ce « fléau » d’ aliénation identitaire il faut d’abord commencer par le rejet de cette imposture qui nous a asservie depuis des siècles. Car non seulement l’envahisseur arabe s’est accaparer de nos terres, il s’est aussi annexé nos consciences …
    Le zèle de nos compatriotes Kabyles est d’une détermination jusque à vouloir mourir pour l’islam …,
    Ce fumier ramener de l’orient (Arabie), sur la terre de la Numidie continu à faire des ravages entretenus par « Thimouchouhas » des contes à dormir debout! …

    Répondre
    1. je suis d accord avec toi et tu as touché le mal a la racine… mais comment faire pour reveiller cette majorité d amazigh qui ont avalé cette drogue depuis plus de 14 siecle et qui n arrive pas a prendre conscience..

      Répondre
      1. @arezki hamoufi
        Parce que nous ne sommes pas comme les gens que nous combattons, nous acceptons toutes les religions tant qu’elle n’empiete pas dans le domaine public comme l’avait préconiser l’illustre penseur kabyle Cheik Mohand Oulhocine qui préconiser de supprimer les dogmes religieux de la sphère public.
        Que veux tu faire? Bannir tous les kabyles musulmans? Quoi que tu en dise tu risquerait de te couper de 90% de la population kabyle c’est la réalité …il n’est pas bon d’être dans le dénie. Après 14 siècles beaucoup de kabyles sont islamiser, ma grand mère qui a vécu 104 ans à fait sa prière jusqu’à son dernier souffle et pourtant elle étais humble, tolérante et avait la foi dans le coeur.
        Nos anciens pratiquaient un islam kabyle tolérant et nos femmes perpétué nos us et coutumes kabyle.
        Ce que nous pouvons faire c’est éduquer les gens à respecter leur identité kabyle surtout les plus jeunes.
        Pour obtenir un jours un état indépendant démocratique et laïque nous devons rassembler tous les kabyles et non pas diviser comme le fait le régime. …alors les gens comme toi non merci, avec tes propos tu ne rend pas du tous service à la cause indépendantiste.
        Matoub Lounes disait  » je suis kabyle, je ne suis pas arabe et je ne suis pas musulman… » mais les gens ne cite jamais la fin de sa phrase pour déformer sa pensée :  » mes parents ont le droit d’être musulman, chacun a le droit de choisir. » (Émission de Jean luc delarue disponible sur YouTube)
        Donc tu vois bien chacun aura la droit de choisir sa religion tant qu’il respecte son identité kabyle alors retroussées vous les manche surtout arrêtons de nous dénigrer entre nous c’est exactement ce que veux le régime, sa les arrangent d’avoir des gens comme toi pour perpétuer la division en kabylie.

        Répondre
    2. Azul Agma arezki . Svp laissez les religions de coté, nous les kabyles on jure jma3 liman. Et vous êtes libre de croire ou pas à tel ou tel religion Ok. Mais il faut s’ unir tous contre la langue arabe.oeil pour oeil et dent pour dent.vive l’indépendance de la kabylie, Vive da ferhath .thadhoukli

      Répondre
  3. Ils ont le pouvoir de nous imposer leur langue, leur parlé arabe des villes arabisés, ils ont le pouvoir de nous insulter, de nous imposer le dogme arabe, ils ont tous les pouvoir, mais notre seul pouvoir c’est nos idées pour nous épargner nous défendre. En cherchant un peu, il y a des possibilités qu’il faut exploiter et d’une manière pacifique et civilisé. Voici quelques exemples, que normalement tout Kabyle ou Amazigh conscient doit suivre, mais c’est pas si facile pour certains. 1) Cessez de ne plus parlez arabe avec tout arabophone algérien ou pas. Quand on s’adresse a vous en arabe, répondez en kabyle. Ceci est facile a faire pour toutes personnes voulant se battre, défendre son identité tamazight. Commencez dés le 03 décembre 2017. J’ai vu a des centaines de fois, que l’arabophone seul s’adressant a tous Kabyles dans son parlé arabe même quand ils se trouvent en Europe, etc,…Et nos Kabyles leurs répondent tout naturellement sans problème. 2) déconnectez vous des chaines arabes satellitaires, les radios arabes, etc, 3) J’appelle les commerçants kabyles de ne pas vendre des produits arabes surtout tout ce qui touche a la langue arabe, les CD, les livres arabes. , 4) Les patron,s, les entrepreneurs kabyles doivent recruter des employés exclusivement qui parlent notre langue, etc, etc,…..Allez au travaille ! Il faut pas oublier que notre langue est insultée depuis 1962 ainsi qe ces locuteurs amazighophones. Leur bt c’est d’arriver a sont éradication en Tamazight par l’infériorisation de notre langue (hada dialecte, mara hic llugha, laarbiya xir) et l’infériorisation de ses locuteurs mène vers son élimination pour laissez la place a ce créole algérien des villes assimilées a l’ethnie arabe Alger, Oran, Constantine, etc,….. CESSEZ DE PARLER ARABE AVEC TOUT ARABES SAUF LES GENS DU MOYEN ORIENT. Iliken d irgazen, saaut tirugza, berkat verru n wallen zzat n tarwa n bexta !

    Répondre

Réagir

*