M. Ziani, ministre de la langue kabyle, de l’enseignement, de la recherche scientifique et de la formation du GPK , a annoncé d’emblée qu’il allait être bref pour laisser plus de temps au débat car, précise-t-il, "nous sommes venus surtout pour vous écouter".
Avant de commencer son intervention, il cède la parole à chacun des membres de la délégation pour expliquer les multiples objectifs de leur déplacement à New York ainsi que les acquis de la section du MAK-Canada. Le ministre a entamé son allocution en rappelant les principaux événements qui ont marqué l’histoire de la Kabylie depuis la période coloniale jusqu’à la création du GPK.
Il a notamment insisté sur les évènements sanglants de 2001 où des gendarmes algériens, ont tiré sur la jeunesse kabyle faisant 128 morts et plus de 3 000 blessés. Il précisa que c’est suite à ce tragique évènement que M. Ferhat Mehenni a annoncé la création du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK), un certain 5 juin 2001. "Après 9 ans de lutte et de sensibilisation sur la nécessité d’une autonomie régionale pour le peuple kabyle, le projet du MAK est arrivé à maturité", assura M. Ziani, "d’où la nécessité de créer une instance permanente pour concrétiser ce projet et lancer la construction de l’État Kabyle. Ce sera la mission du GPK." conclut-il. Le conférencier expliqua que "le GPK veillera à la protection de la Kabylie contre les menaces quotidiennes (incendies, kidnappings, terrorisme, répression…) et prendra en charge les problèmes de la vie quotidienne tels que le manque d’eau, le problème d’assainissement et autres, et aidera à la réalisations de chantiers d’utilité publique". Il ne manqua pas de souligner que la mission principale de l’Anavad sera "l’accession du peuple kabyle à son autonomie régionale". Concernant la langue Kabyle dont M. Ziani est en charge, il a assuré que "la création d’une académie de la langue kabyle commence déjà à prendre forme". Le ministre de la langue kabyle a conclut son intervention en insistant sur le fait que les projets du GPK ne pourront se concrétiser sans l’adhésion d’une majorité de kabyles et appelle les comités de villages à se rapprocher des responsables locaux du MAK. Le débat ouvert, les questions posées par l’assistance étaient d’une maturité remarquable, notamment celles portant la non violence, l’amélioration de la communication avec les citoyens de la Kabylie, les réalisations que doit concrétiser l’Anavad sur le terrain et la démarche du GPK au niveau international pour faire avancer la cause. Certaines questions qu’on a l’habitude d’entendre n’ont pas manqué de revenir ; celles faisant confusion entre autonomie et indépendance, celles qui ont trait au potentiel économique de la Kabylie ou encore celles relatives à la sécurité des membres du GPK et des militants du MAK. Mais la majorité ont souligné leur soutien à la démarche du GPK et sont enthousiastes et optimistes quant à l’aboutissement du combat de ce dernier. Beaucoup ont rempli des fiches d’adhésion au MAK juste après la fin de la conférence.
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Le ministre Lhacène Ziani à New York