C’est dans un climat festif que les printemps kabyles ont été célébrés ce 08 mai, par l’association Tudert (la vie) sise à pierrefitte, St-Denis, dans la banlieue parisienne. Le MAK a été l’invité d’honneur de la soirée. Nadia, la présidente de ladite association , adjointe à la mairie de la ville par ailleurs, a tenu à ce que la fête soit associée au débat sur l’histoire et sur l’avenir de sa région natale, la Kabylie. Deux conférences ont été au menu. Mohand Harouz, ancien militant berberiste, est longuement revenu sur les péripéties du combat kabyle dans le mouvement national et après l’indépendance. Pour le conférencier l’élément kabyle a été systématiquement marginalisé par la politique arabo-islamiste depuis la création de l’ENA (Étoile nord-africaine) en 1926, à sa tête Messali Hadj, jusqu’au débat sur la charte nationale de Boumedienne en 1976. L’identité kabyle était toujours vue sous le prisme du doute et de la suspicion et des militants du mouvement national ont été liquidés suite à la crise « antiberbère » de 1949, parce qu’ils étaient tout simplement kabyles et qu’ils revendiquaient une place pour cette identité millénaire au sein du futur État algérien en gestation. La deuxième conférence, très attendue, a été assurée par des membres de la direction du MAK-France, en l’absence du président Ferhat, contraint par un déplacement diplomatique. Ahviv Mekdam, responsable Jeunesse et Université et dans le sillage de M. Harouz a tenu à affirmer la nécessite et l’urgence pour le peuple Kabyle de disposer de son propre État et de ses propres institutions. « Un peuple sans État est condamné à subir l’État des autres », clame-t-il. Si la langue kabyle n’est pas enseignée, si les assassins des jeunes Kabyles en 2001 ne sont pas encore jugés, si le crime de Matoub Lounès reste encore à élucider, si les oliveraies brulent chaque année et si les kidnappings et les autres fléaux sociaux font des ravages en Kabylie c’est parce qu’il n’y a pas d’État Kabyle qui pourrait protéger la population et développer la région, enchaine le conférencier. Pour lui, il n’y rien à attendre d’un régime raciste, maffieux, assassin et négateur, comme celui d’Alger. C’est pour ces raisons que le MAK, et suite à la formidable mobilisation des citoyens, en Kabylie et dans la diaspora, a procédé à la mise sur pied d’une CDC (Commission de Dialogue et de Consultation) afin de constituer un GPK (Gouvernement provisoire Kabyle), seul interlocuteur et porte-parole du peuple kabyle dans le concert des nations. Dani Ivurayen, responsable à l’organique, est revenu sur la situation difficile que vit actuellement la Kabylie. Insécurité, chômage, émeutes sont le lot quotidien des citoyens au grand dam des milliers de gendarmes et de militaires qui sévissent dans la région. L’assistance, nombreuse venue à l’événement, a été très à l’écoute et un débat riche a suivi la conférence. Les intervenants, qui ont tous salué la naissance du GPK, ont soulevé des questions relatives à la mise sur pied des institutions kabyles. C’est Idir Djouder, membre du MAK et directeur de la radio Kabyle-FM qui a répondu en disant que rien ne pourrait arrêter la volonté d’un peuple. Pour lui, la Kabylie, avec son élite, à l’intérieur et à l’extérieur, est apte à relever ce défi historique pour le peuple kabyle. La Kabylie regorge d’économistes, de linguistes et d’intellectuels qu’il suffit de mettre de concert pour la réalisation de cet objectif. À la question de l’indépendance de la Kabylie les conférenciers ont réitéré le choix de la voie pacifique prôné par le MAK, « mais si d’aventure le régime algérien répondait par la répression à la place du dialogue les instances du MAK seront appelées à trancher la question. Une Française, présente à la conférence, a exprimé ses peurs face à une éventuelle répression des autorités algériennes, et ses appréhensions devant le silence des autorités françaises. Les membres du MAK, conscients de leur responsabilité, ont tenu à affirmer leur engagement, pour le peuple kabyle qui prend l’opinion internationale à témoin dans le cas d’une réponse violente de la part du régime d’Alger. Un appel a été lancé pour l’enrichissement du débat et des consultations à travers le site du MAK et les sites amis. Avant de laisser place à la musique, l’assistance, ravie de la rencontre, a tenu à exprimer son adhésion totale et son soutien sans faille au MAK. Pour un des présents, le GPK représente une deuxième naissance. Une preuve de plus de l’attachement des Kabyles de l’immigration, et du mouvement associatif en France, à leur terre natale et de leur engagement pour l’émancipation de leur peuple. A. Mekdam.
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