L’Iran continue de gagner des cœurs et des territoires. Ainsi, après la Bande (de Gaza, NDT) du Hamas, le Liban du Hezbollah, l’Amérique du Sud tiers-mondiste et l’Afrique des oligarchies, dont le Maghreb, la cour de l’Europe subit des infiltrations continuelles du régime Khomeynite. l’Algérie constitue de fait un observatoire spécial de l’expansionnisme iranien. La liaison entre l’Algérie et l’Iran a fleuri en 2000, après la rupture de toutes leurs relations en 1993, lorsque le gouvernement d’Alger a accusé Téhéran de soutenir le groupe terroriste connu sous le nom du Front Islamique du Salut (FIS). Aujourd’hui, les relations entre les deux pays sont très fortes. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait déclaré en avril dernier, en rencontrant Bouabdellah Ghlamallah, ministre algérien des Affaires religieuses : « L’Iran et l’Algérie ont la responsabilité d’introduire au sein de la société leurs valeurs culturelles et d’avoir une participation active dans l’émergence d’un nouveau monde ». Ceci est d’ailleurs révélé par les chiffres de l’Iran Tracker, Centre d’études sur l’Iran de l’American Enterprise Institute. Selon cet influent Think tank de Washington, entre 2007 et 2008, le commerce bilatéral entre l’Algérie et l’Iran a carrément doublé, passant de 25 à 50 millions de dollars. En Juillet 2008, l’Iran et l’Algérie ont annoncé des accords pour construire une cimenterie commune (en Algérie) en société mixte dont le montant global s’élève à près de 300 millions de dollars US et capable de produire un million de tonnes de ciment par an, augmentant ainsi considérablement leur collaboration industrielle mutuelle. À partir de 2000, les deux pays ont également signé des protocoles d’accord et de coopération dans les secteurs de l’énergie, de l’industrie, des industries agricoles et des relations bancaires. En outre, l’Iran et l’Algérie, respectivement la deuxième et la sixième plus grande réserve de gaz naturel de la planète (bien que Shell et Repsol sont sur le point d’abandonner Téhéran), partagent également la même stratégie en matière de politique étrangère. En fait, à la fin de mars dernier, le président algérien Abdelaziz Bouteflika rencontrant à Alger le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, avait annoncé la création imminente d’une Commission mixte en vue d’ "adopter une stratégie commune visant à dénouer les problèmes politiques difficiles de l’Afrique, de l’Asie centrale et des Territoires palestiniens", du fait que les relations entre les deux pays sont, selon M. Mottaki, "amicales et stratégiques". Ainsi, alors que le gouvernement algérien se présente comme le précieux allié des États-Unis et de l’Europe dans la guerre contre le terrorisme en Afrique du Nord, il ne se prive nullement de cligner de l’œil au régime des ayatollahs. Pour mieux comprendre les raisons sous-jacentes de cette attitude d’Alger, nous avons interviewé M. Areẓqi At Ḥemmuc, Ministre des Relations Internationales du tout nouveau Gouvernement Provisoire de la région autonome de Kabylie, située en territoire algérien, instance dont L’Occidentale avait parlé dans un article récent. Le gouvernement (ou régime) algérien montre-t-il aujourd’hui un visage ambigu dans ses rapports avec l’Occident ? Oui. L’Algérie poursuit une politique à "deux visages". Il ne faut pas oublier que le régime algérien a rejoint la lutte contre le terrorisme international mu par un "instinct de survie", c’est-à-dire au moment où son existence même était sérieusement menacée par un terrorisme domestique dirigé par des islamistes auxquels il avait refusé une victoire écrasante aux élections de 1991, sauf en Kabylie qui les rejette. Qu’est ce qui a changé depuis les élections de 1991 ? Depuis la présidence d’Abdelaziz Bouteflika et sa politique de réconciliation envers les insurgés islamistes devenus aujoud’hui ses alliés politiques, nous assistons à une affirmation logique de l’idéologie que le régime partage avec d’autres États islamiques. Comme l’Iran ? Comme l’Iran qui est actuellement la principale menace pour la sécurité régionale et internationale. La politique de Bouteflika pourrait-elle être celle d’apaisement pour empêcher l’infiltration par Téhéran des réseaux terroristes algériens ? Je ne pense pas que le type de coopération actuelle dans les domaines culturel, économique, militaire et surtout nucléaire entre l’Algérie et l’Iran (l’Iran a offert en 2007 ses propres experts pour l’Algérie, ndlr) soit raisonnablement perçu comme une sorte d’« apaisement » pour éviter un prosélytisme ou des infiltrations au moment où le terrorisme domestique est pratiquement neutralisé. Je crois plutôt qu’il s’agisse d’une simple affirmation de l’alignement idéologique du régime algérien qui ressurgit à un moment où il craint un éventuel retournement géopolitique en Afrique du Nord déterminé par l’émergence de notre mouvement laïc et pro-occident. Le régime algérien coopère dans la lutte contre le terrorisme international uniquement pour éviter d’affronter sa version « maison », sinon il ne se gêne pas à soutenir et encourager la matrice idéologique qui le secrète. Donnez-nous en un exemple... Le meilleur exemple est la politique d’endoctrinement islamiste visant la Kabylie à travers une chaine de TV en kabyle que l’Etat a récemment lancée et dont les principaux programmes ne sont rien d’autre que de la propagande islamiste. Cela s’ajoute à des lois de persécution contre la minorité chrétienne : depuis 2006, pas moins de 30 églises sur 52 ont été fermées par les autorités parce qu’ « elles ne sont pas reconnues par l’État ! » Entretien réalisé par Costantino Pistilli. NDT : Note du Traducteur (*) Risk : Jeu de société basé sur la conquête militaire du monde. Traduit de l’italien pour www.Tamurt.info par Dahmen At Ali.
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