LA KABYLIE : Entre accusation et négation des uns et particularisme des autres

Madjid Ait Mohamed

CONTRIBUTION (Tamurt) – Remonter dans l’histoire de Tamazgha -13 pays- (Berbère) aussi loin que possible avec nos moyens, nous ne cessons de le faire, rappeler ses origines (les Gétules) et ceux des noms Afrique, Berbère, et Kabylie semble en adéquation avec l’un des sujets en débats actuellement sur le plan national; c’est à dire l’une des 6 régions, constituées à juste titre lors de la guerre de libération nationale où seule prédominait l’Algérie sans apriori et sans coloration dominante aucune dans toutes ses dimensions unies autour d’une seule idéologie de l’époque avec comme perspective la libération du peuple et de la nation algérienne, en nous axant de façon résumée notamment sur la période Turc et française où la négation de l’autre et la pratique de la division avaient cours au grand jour.

Cette région, qu’est l’ex Wilaya 3 Historique, c’est à dire la Kabylie, a de tous temps connu, du fait de son caractère indépendant, démocratique, républicain, libre et tolérant, une sorte de crainte, de négation qui ne dit pas son nom et d’admiration inavouées de tous les pouvoirs qui se sont succédés à ce jour. D’ailleurs Bolle disait d’elle dans ses souvenirs d’Algérie en 1839 «que les Kabyles sont les plus redoutables de tous les indigènes, ils ne sont autres que les anciens Numides peuplades indomptables», de même qu’en 1848 le capitaine Carette affirma que la Kabylie demeure en dehors de tous contact direct et est restée en lutte avec toutes les dominations antérieures.

En effet, cette crainte inexprimée clairement et ouvertement à l’endroit de la Kabylie remonte à la période de l’occupation Turc où parler kabyle était illicite. Les français n’ont fait que calquer cette thèse avec beaucoup plus de doigté et d’accentuation de manière nuancée; c’est-à-dire en s’en prenant à ses racines, à tout ce qui la différencie des autres régions d’Algérie avec un cachet préférentiel identitaire et linguistique de ce qui véhicule la religion qu’ils manipules (Laperouse) à leurs propres intérêts multiples.

D’ailleurs, dans l’atmosphère politique des années 1860-1870, face aux positions arabophiles de Napoléon III qui rêvait, sous l’influence d’Ismaël Urban, d’ un empire arabe allant d’Afrique du Nord jusqu’au Moyen Orient, à l’installation d’une administration appelée ‘’ Bureaux arabes’’, aux réactions de plus en plus violentes des colons algériens et voyant en 1865 le mirage kabyle prendre forme, Warner disait que « l’arabo-manie est la cause de tous nos insuccès » tout en démontrant qu’il s’agissait d’un non sens dans un pays où le véritable indigène était le Berbère tout en concluant par dire « face aux politiques d’arabisation et aux tentatives d’assimilation, la conquête nous a livré le sol de l’Algérie, hors de là, point de salut ». De Masqueray à tant d’autres, en passant par Monseigneur Lavigerie, Mme Pierre Cœur etc.…, tous ont attribué les causes de l’échec de la colonisation totale à la politique destructrice en 50 ans de la population (Kabyles) Berbère (1) lesquels avaient résisté 12 siècles durant à tout greffage.

Au cours de cette lutte ininterrompue des Kabyles face à l’occupant français, Abdelkader se rendit par deux fois (1839 et 1845) en cette région pour demander à ses habitants de se joindre à lui afin de combattre ensemble l’envahisseur français, sous son étendard émirati, la 1ère fois, il n’en reçu poliment aucune réponse claire. Quant à la 2ième fois, un vieux sage s’avança et lui précisa que ce lieu s’appel «Ighil Dhal Mizan -force et justice-» (l’actuel Draa El Mizane), sur ce, celui ci s’en alla sans omettre de jurer par Dieu qu’il ne remettra plus les pieds dans un pays où la force et la justice font loi.

Ainsi apparaissent, depuis la période Turc, les prémices de la division de la société algérienne. Entretenus, ces derniers dégagent une certaine attitude à l’endroit de la Kabylie jugée source de tous les maux surtout depuis les années 1940 avec l’avènement de Messali Hadj avec tout ce qui en a découlé jusqu’au 1er Novembre 1954 où il est pensé que tout les préjugés allaient disparaitre et que l’algérianité dans le cadre voulue et mis en place durant la guerre anticoloniale par l’ALN/FLN du 1er novembre 1954 se consolidera à jamais après l’indépendance.

Hélas ! Du fait de l’idéologie politique de tout bord de certains, il n’en fut rien. L’espoir de Napoléon III et les réponses envoyées à l’ONU par Messali Hadj (les années 1949) resurgissent au lendemain de l’indépendance (03.07.63) par la bouche du 1er président qui, sous l’influence du Baathismes et du Nassérisme, déclara par trois fois de Tunis « l’Algérie est arabe », puis celle du 2ième qui aurait dit lors de la pose de la 1ère pierre de la futur université de Tizi-Wezu « aujourd’hui, je pose la 1ère pierre des problèmes que va connaitre l’Algérie », suivit par le 3ième qui déclara « nous sommes amazighs mais l’islam nous a arabisé – la belle affaire-» et ainsi de suite à ce jour où la dénégation à l’endroit de cette région, considérée comme la principale instigatrice de la résurgence du fait amazigh, de l’esprit républicain, démocratique, et ouverte sur l’universalité, ne dit pas son nom.

Cette attitude inexprimée s’explique sans doute par l’exemple du stade de Tizi Wezzu qui n’est pas près de voir le jour depuis 17 ans, les chemins de fer qui accusent un long retard, la désindustrialisation, la traine des projets économiques, financiers et sociaux, le dépeuplement sournoisement orchestré, le désert des villes et villages, etc.… Cet état de fait a fini par influer sur l’action politique de certains, même si elle n’est pas partagée par tous, dans cette région meurtrie et qui souffre en silence. Mais jusqu’à quand ? Ça ! Seuls les pouvoirs politiques et décisionnels peuvent y répondre dans l’intérêt de l’unité algérienne scellée par le sang de toutes ses composantes, ses dimensions et sa pluralité sous toutes ses formes et ses fonds sans prédominance aucuns.

Quant à la constitution du 06 Mars 2016 qui n’est qu’un noircissement des pages blanches et un salivage, je paraphraserais, pour ne pas redire mes propos du 27 Avril 2017, un ami qui avait dit, lors de la célébration du printemps berbère -20 Avril 1980 – à Montréal – Canada- « C’est une truanderie politique »

Madjid Ait Mohamed
Membre fondateur de la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme
Ancien membre du M.C B
Ancien détenu politique

sources d’information : Divers écrivains nationaux et étrangers
(1) Pour certains le nom amazigh n’est pas compris (1980) comme un ensemble regroupant ses composantes, (1981)  il est perçu comme un autre nom donné aux Kabyles uniquement. Pour d’autres, pour des raisons politiques et idéologiques, simulent ne pas le savoir.

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  1. Les anciens militants Kabyles sont dépassés par les évènements, ils n’arrivent pas à aborder le présent et l’avenir de la Kabylie comme s’il n’ y a que le passé qui doit être ressassé, à mâcher et à re mâcher jusqu’à satiété. Ils n’arrivent pas à ouvrir les yeux sur la nouvelle génération de jeunes militants qui, eux, contrairement à ces anciens, veulent sortir la Kabylie du bourbier algérien et non pas faire du rafistolage dans le cadre algerianiste. La réaction de ce anciens est la même que celle de Messali vis à vis des jeunes révolutionnaires qui ont fondé un nouveau parti, le Fln, et engagé la lutte pour l’indépendance. Messali était resté bloqué dans ses anciennes déclarations et n’arrêtait pas de ressasser les actions du Ppa bien que celui ci fut dépassé. C’est le cas de ces anciens qui interviennent dans le débat sur la Kabylie et font comme si l’idée d’indépendance n’existe carrément pas. Ils continuent à snober le grand mouvement Kabyle MAK. D’ailleurs ils ne proposent rien, aucune démarche pour sortir la Kabylie de cette tutelle coloniale algérienne. Ils se contentent de dresser des constats et rien que des constats. Les constats tout le monde les connait, l’histoire toit le monde la connait, l’arabisation nous la subissons. Ce qui est à discuter c’est QUE FAIRE ?

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  2. Un titre laconique, flou, imprécis ne peut conduire qu’à un contenu fade, dépassé, obsolète et pas à la hauteur que l’exige la situation de la Kabylie en 2017.

    Vous dites: <>

    Je suis sidéré de lire cela en 2017, apres tout ce que les kabyles ont enduré, vous avez le culot de mettre en priorité JE VOUS CITE : L INTERET DE L UNITÉ ALGÉRIENNE SCELLÉE …. »

    Continuez ainsi et votre extinction sera acquise !

    Vous Monsieur qui avait cheminé à travers le MCB et la ligue de droits de l’homme, vous y restez bloqué comme si les vents suivants n’ont jamais eu lieu:

    1 Assassinats de l’élite kabyle,
    2 Assassinats de plus de 128 jeunes kabyles et plus de 5000 blassés et handicapés à vie en 2001
    3 Assassinat de Matoub Lounes
    4 Contenu constitutionnel amendé en 2016, négateur et d’essence coloniale arabe et mususlmane envers tout ce qui est kabyle ou Amazigh
    5 etc etc médias lours , écoles, assimilations des esprits et des espaces kabyles et j en passe …

    Vous accouchez d’une souris en disant vous soucier encore de cette CHIMÈRE NOMMÉE ALGÉRIE.

    IL EST RÉVOLU LE TEMPS OU LE KABYLE SE DÉPENSE POUR L ALGÉRIE.

    LE TEMPS EST VENU POUR SE DÉPENSER, PENSER ET CONSTRUIRE LA KABYLIE D ABORD, la Kabylie ensuite, et la Kabylie encore et enfin.

    Basta, le reste ne nous concerne plus et ce depuis au moins 2001, cher Monsieur.

    Je ne suis pas étonné du tout que des sites non kabyles et qui ne portent pas le peuple kabyle dans leur estime affiche aussi votre analyse,

    tant elle est obsolèete pour la Kabylie et fort bienvenue pour l algérie et les Algérianistes réveurs.

    Me concernant je mets mes energies et mes forces dans le MAK_Anavad, pour L’ULTIME ET SALVATEUR COMBAT: L INDÉPENDANCE DE LA KABYLIE.

    Non, mais il y a des gens qui n ont pas en mémoire trafsut Taverkant !!!! et nous chante encore l algérie unité nation et blala bla dans un cadre arabo islamique génocidaire et raciste.

    Azul i Tarwa Taqvaylit : LIBERTÉ ! INDÉPENDANCE POUR LA KABYLIE. L ALGÉRIE DEHORS !

    UN INDÉPENDANTISTE KABYLE

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