Journée internationale de la Presse : Les journaux algériens menacés de disparition

Journaux algériens

ALGÉRIE (Tamurt) – Tous les journaux algériens, y compris ceux qui sont relativement les plus lus mais aussi les journaux du secteur public, ne tiennent qu’à un fil. On évoque même, de plus en plus, l’éventualité d’une disparition des étals, progressive, de la majorité de ces journaux, une fois l’argent accumulé jusque-là épuisé.

Ce qui a précipité cette chute libre des journaux algériens, c’est incontestablement la crise financière que vit le pays depuis la chute du prix du pétrole, pendant l’été 2015. La manne publicitaire a, depuis, considérablement baissé. Cette nouvelle donne inattendue a fait que les journaux en question n’ont plus ou très peu d’argent pour faire face aux frais, parfois énormes, qu’induit la confection d’un journal (frais d’impression quotidiens, salaires, frais de mission à l’étranger, charges, frais inhérents à la distributions…). La deuxième cause qui est derrière cette descente aux enfers des journaux algériens, c’est la baisse, de manière spectaculaire des ventes. Depuis la généralisation de l’Internet et le lancement de nombreux médias électroniques, la majorité des lecteurs ont troqué leurs journaux contre leurs micro-ordinateurs ou leurs tablettes. Jusque-là, le pouvoir maintient sous perfusion les journaux dont il a besoin, dont ceux du secteur public : El Moudjahid, Echaab, El Massa et Horizons, que personne ne lit en Algérie d’ailleurs. Des journaux privés, dont le lectorat est extrêmement limité, sont aussi maintenus grâce à la publicité publique distribuée à la tête du client. Et ce sont les canards qui se montrent le plus dociles à l’égard du pouvoir qui sont les mieux servis. Une autre catégorie de journaux, qui était protégée par le Général démis, Tewfik, sont les plus exposés à la crise. C’est le cas d’El Watan et Liberté mais aussi d’El Khabar, que Rebrab a tenté de récupérer, en vain. Liberté et El Watan, qui se sont retrouvés, du jour au lendemain, sans publicité ont été obligés de chercher des parades surtout que le nombre de leur lecteur a périclité subitement et de manière considérable. Les mesures prises par les gérants d’El Watan et Liberté pour tenter d’endiguer la crise ont été la multiplication par trois du prix de vente du journal qui est passé à 30 DA alors que la majorité des journaux en Algérie coûtent 10 DA. Par ailleurs, dans une tentative désespérée d’augmenter le nombre de leurs lecteurs, les deux journaux suscités ont carrément supprimé leur version PDF sur Internet.

Mais plusieurs mois après ces mesures qui s’apparentent à du replâtrage, il suffit de faire un tour dans n’importe quel buraliste pour constater de visu le nombre important d’invendus d’El Watan et Liberté. Il y a lieu de souligner aussi que le fait que les journaux algériens ( y compris El Watan, Liberté, El Khabar et Le soir) se montrent de plus en plus docile et beaucoup moins critiques qu’ils ne l’étaient est pour beaucoup dans cette perte de lectorat. Des pressions énormes sont exercées sur les médias algériens. Ces derniers sont sommés de ne pas critiquer le pouvoir et ses représentants. Dès qu’un journaliste ose critiquer sévèrement et avec une plume acerbe le régime politique algérien, il est vite et de facto accusé d’être à la solde de manipulateurs étrangers. Ce n’est pas un hasard si l’Algérie est classée, cette année, parmi les derniers pays au monde en matière de la liberté d’expression.

Tahar Khellaf pour Tamurt    

Partager cet article

Un commentaire - Écrire un commentaire

Réagir

*