Journée du 19 mai 1981 : le deuxième Printemps kabyle


La journée du 19 mai 1981 est une journée historique, car elle est considérée comme le deuxième Printemps kabyle après celui du 20 avril 1980. Deuxième Printemps non dans la dimension mais dans l’ordre chronologique. Pourquoi la journée du 19 mai 1981 est un deuxième Printemps kabyle ? Au moins quatre raisons le certifient.

La première : la révolution s’est déroulée à Béjaia, terre kabyle. La deuxième : la révolution s’est déroulée en mai, mois bien printanier. La troisième : la révolution avait pour endocarpe l’honneur et la dignité. La quatrième : les faits proprement événementiels et la portée politique de cette journée du 19 mai 1981 ont été d’une dimension telle que le pouvoir politique d’Alger a été contraint de revoir et corriger sa carte politique kabyle élaborée juste après le coup d’Etat du 19 juin 1965.

Les événements du 19 mai 1981 survenus à Béjaia et vécus par l’ensemble des citoyens kabyles n’ont, en fait, que réitérer l’exigence de la satisfaction de la plate-forme de revendications exprimées le 20 avril 1980 et consignés dans le document de synthèse mis au point par le Mouvement Culturel Berbère (MCB) lors de son séminaire tenu du 1er au 31 août 1980 à l’hôtel Tamgout de Yakouren.

Sur le plan symbolique, les manifestations de Béjaia au cours de cette année de 1981 avaient aussi leur pesant d’or. Le 19 mai est effectivement une journée « nationale de l’étudiant », et ce en référence à la journée du 19 mai 1956 où étudiants et lycéens se reconnaissant à travers le Front de Libération Nationale (FLN) ont mis de côté livres et cahiers pour rejoindre le maquis.

Donc le choix de la journée du 19 mai 1981 pour faire la révolution n’était pas fortuit. Et d’autant plus que le pouvoir politique algérien d’alors a servi sur un plateau d’argent le motif de cette révolution : le détournement du projet d’implantation d’une université à Béjaia vers une autre wilaya du pays. Les lycéens sortent dans la rue. Aussitôt, ils sont suivis par les populations. Leurs slogans portaient sur la libération des détenus de 1980. La riposte des pouvoirs publics fut d’une extrême violence. Nonobstant cette terrible répression, la révolution se poursuivit.
Des quatre coins de la Kabylie et d’ailleurs, hommes et femmes en âge de « se battre » et évoluant dans les milieux militants prirent la direction de Béjaia. Ferhat M’henni, pour ne citer que celui-ci à titre d’exemple, a été intercepté et arrêté par la police politique à Amizour. L’homme devait rejoindre Béjaia, théâtre des opérations.
La suite des événements est connue : plusieurs blessés, des arrestations en masse et des dégâts matériels considérables. Ce qui est également connu, les Béjaouis sont classés par le pouvoir arabo-islamiste d’Alger comme des « emmerdeurs » comme les Tizi-Ouziens et les autres Kabyles où ils se trouvent. N’étaient considérés comme « bons Kabyles » que les Kabyles morts et enterrés.

C’est pourquoi enfin, la commémoration du 33ème anniversaire de la journée du 19 mai 1981 où tout simplement le 2ème Printemps Kabyle exige la présence massive des femmes et hommes kabyles à Béjaia le 19 mai prochain.

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  1. Notre mai à nous.

    Nous étions a peine 15, 16 ans à sortir de ce lycée Polyvalent et à crier haut et fort « Iya-w, iya-w a y athmaten, afus d fus an m – Ɛwin a. S lvaraka Imaziɣen »
    En une journée nous avons tout simplement libéré Bgayet et tout sa région, combien c’était émouvant d’entendre les youyous des ces jeunes lycéennes, de nos mères des rues et boulevards traversés, même les sirènes des navires dans le port étaient de la partie, la peur ce n’était pas le gendarme d’en face, mais de croiser le père, le grand frère qui rejoignaient la manif.

    Quand je regarde aujourd’hui sur cet hier, sur ces petits pas qui doivent ne mener droit au but, tant de chemins parcourus, tant de sacrifices et d’exil, je me dit qu’hier nous étions vingt, cent, des milliers, et aujourd’hui nous sommes des millions pourvu que l’objectif soit le même. Amen

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  2. A l’attention Du journal Tamurt

    aujourd’hui j’ai fait un commentaire dans le journal  » matin dz » qui n’est pas apparu du tout
    le contenu parle essentiellement en Réponse a l’article suivant: « Algeriagate » !dont j’ai cité le projet du MAK ou j’ai précisé que ce dernier c’est la solution finale de tout les problèmes dans ce pays
    ce que j’ai en déduis ce dernier n’est jamais un journal indépendant.

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    1. le matin a changé de fusil d’épaule c’est tout
      il n’a pas mentionné une seule fois la grandiose marche du MAK du 27 alors qu’il a fait des tartines du rassemblement de barakat qui a réuni à peine 50 personnes!

      mais on s’en fou, on n’a pas besoins d’eux !

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    2. Il estbien encadre’ de fran-orientalistes, c.a.d. le genre « marabouts ». Il faut savoir ecrire et de quoi on parle, surtout maitriser la langue francaise. J’etale sans arret, les arguments et bien-fonde’s du MAK.

      Vos attaques a guauche et droite contre les Musulmans plutot que les Islamistes coutent cher, mais surtout nourrit bien la strategie du regime a se dresser comme leur defenseur. Au Matin DZ, il y a des intellectuels de tout bords, pas du Kabyle uniquement.

      Croyez-moi que gagner un Arabophone avec la logique vaut beaucoup mieux et plus que 1000 Kabyles, qui se disent Kabyles mais fonctionnent a la methode FLN, c.a.d pour qui, le probleme avec le regimeest le manque de pain ou de travail, quelque soit le travail… des KDS. Ils sont Kabyles, mais tant que leur paie et privilege genre fln ne sont pas remis en cause.

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  3. c’est très important que les kabyles connaissent leur histoire par eux-même et pour eux-même parce que tout est fait pour qu’on oublie les épreuves par lesquelles nous sommes passés!

    MERCI au MAK !

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    1. il y’a des pans entiers de cet evenement qui demeurent inconnu .Par pudeur ,aucune personne de ma generation , ayant fait l’université de constantine a cet epoque n’a osé parler ce que nous ,étudiants kabyles, avons fait comme actions pour faire entendre la voix de nos freres de kabylie
      dans l’est algerien. Au lendemain de la repression des manifestations , nous avons constitué un comité restreint qui s’est chargé de reproduire en milliers d’exemplaires un tract denoncant l’rrestation de kateb yacine ainsi que la barbarie des forces de repression . ce tract a été distribué ( glissé sous les portes de toutes les chambres des cités universitaires de contantine) a 2 h du matin par peur de se faire arreter . le lendemain , nous avons decidé d’occuper l entrée de la fac ou nous avions accroché des banderoles de soutien a notre cause a tous . nous etions a peine 150 kabyles entourés de milliers de barbus et c’est a ce moment ?sous les cries ALLAH Akbar qu’une bataille rangée a eclaté avec les islamistes . nous avions resisté tant bien que mal ,neanmoins nous avions quelques blessés . nous avions subi un blocus de 2 ou 3 mois pendanr lesquels on pouvait pas rentrer sur vgayet. et notre courrier confisqué par la securité . pour rester en contact avec Vgayet tizi et alger , je me souviens bien qu’on avait cotisé de nos poche et designé un AZNAY (de chez moi IZNAYEN)
      pour se rendre clandestinement a vgayet pour brisé notre isolement . le preposé a mener cette mission a été arreté le soir meme a la gare de constantine. .

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    2. c’est bien de se remémorer de ces dates (20 avril 1980 – 19 mai 1981) elles serviront de repères à la jeunesse Kabyle d’aujourd’hui; Mais mine de rien ça fait plus d’une trentaine d’années et la Kabylie malheureusement patauge toujours, et ce en dépit des efforts et sacrifices du GPK/MAK. Le peuple Kabyle, dans sa majorité, est pour l’indépendance. Il me semble qu’il est impératif de se doter (je parle du GPK/MAK) d’une organisation paramilitaire. Celui qui veut la paix doit se préparer à la guerre, disait un chef de guerre Israélien. Jamais le pouvoir assassin, spécialiste des magouilles et des coups bas, d’alger n’accepterait l’autonomie de la Kabylie, non pas parce qu’il éprouve une affectation au peuple Kabyle, mais c’est tout le contraire, il veule nous humilier, nous déKabyliser, en bref, la gestapo d’alger appuyer par les populations arabophones racistes, veut la terre Kabyle sans les Kabyles. Prendre les armes et mourir pour une cause juste ou mourir en douceur sous la botte d’un faux arabe inculte, c’est un choix à faire. Votre frère Kabyle.

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  4. Ce 19 mai 1981 c’était le jour où les les policiers CRS ont violé l’enceinte universitaire de la fac centrale .d’Alger. Contre le mouvement de revendication berbère suite à la plate forme de Yakourene. Les principaux acteurs étaient Arezki Ait Larbi et mustapha Bacha. L’un prônait le soulèvement par la violence l’autre plutôt par des méthodes pacifistes. Ce jour là il y avait beaucoup de blessé et c’était le coup de frein au mouvement sur Alger. Il fallait attendre 1987 avec la réapparition des collectifs culturelles dans les différents universités d’Alger Bab ezzouar, institut de médecine lapérine, lITFC du joirnalisme, la fac centrale .il y avait 23 collectif universitaires. Un an après le fameux 5 octobre 1988 pi Le defun Matoub Lounes était blessé par bal. Hospitalisé sur Alger. Avec son autorisation un collectif de soutien à Matoub Lpunes s’est créer à partir des différents collectifs culturels universitaire d’Alger de l’époque. suite à son action, 3 jours après Matoub est transféré sur un hopital en région parisienne . Comme il a dit »yanaya d sughagh ak ednagh laamar ». Ce 19 mai 1981 il y avait beaucoup d’étudiants arrêtés. Comme le chantait Ideflawen « tazoult lambez ». L’anecdote, pour contre carré l’appel du soulèvement du 19 mai 1981 sur Alger, les autorités avait programmer un gala avec Djamel Allam A la salle Harcha pour éviter le rassemblement sur la fac centrale d’Alger. Djamal Allam avait refuser d’annuler son Gala. Effectivement on parle très peu de cette période .

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