Ici c’est la France !

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(Contribution de Amar At-Ali-Usliman) – Lors d’un meeting dans le nord de la France, l’ancien chef de l’État français, Nicolas Sarkozy, a été chahuté par des étudiants gabonais opposés à la dynastie Bongo. Ces derniers scandaient : « Sarko, vient chercher Ali! » accusant l’ancien locataire de l’Élysée d’avoir soutenu leur président « élu » Ali Bongo. Avec beaucoup de sang froid et son arrogance habituelle, le descendant des Gaulois leur lance cette phrase assassine : « Ici c’est la France, ce n’est pas le Gabon. Si vous voulez parler du Gabon, retournez-y ! »

La dizaine de Gabonais, qui croyaient naïvement que la solution au marasme que vit leur pays pouvait venir de Paris, ont été gentiment escortés vers la sortie, sous un tonnerre d’applaudissements des partisans de Sarkozy qui hurlaient : « Nicolas, Nicolas…! »

Cette humiliation rappelle à ceux qui ne veulent pas comprendre les rudiments des relations internationales, qu’un dirigeant d’un pays qui se respecte est élu pour défendre les intérêts suprêmes de son peuple. Il le fait sans scrupule, quitte à vendre des avions de combat Rafale ou autres armes de destruction massive à des régimes totalitaires afin de préserver les emplois dans son pays. Certains vont jusqu’à décorer en catimini des émirs wahhabites des monarchies du Golfe de la légion d’honneur, tout en prétendant publiquement, toute honte bue, lutter sans relâche contre l’extrémisme islamiste!

Cet esprit quémandeur et cette naïveté tiers-mondiste des Gabonais, sont malheureusement très répandus chez nos compatriotes kabyles. On se souvient tous de l’allégresse qu’avait suscitée sur la toile kabyle le petit « coucou » fait par François Hollande aux Kabyles de Marseille pendant la campagne électorale de 2012. L’indépendance de la Kabylie n’est qu’une question de temps écrivait candidement un militant souverainiste sur sa page Facebook à l’époque. Deux ans plus tard les autorités du pays de Rousseau ont salué une mascarade électorale qui a permis à Bouteflika, dans un état de santé lamentable, de gagner, à la soviétique, un quatrième mandat consécutif. Pour enfoncer le clou, le même François Hollande a déclaré aux journalistes après un entretien éclair avec son « ami » Bouteflika, que ce dernier faisait preuve d’une grande maîtrise intellectuelle et d’une rare alacrité. Le vrai journal de Canal+, n’a pas tardé à donner tout son sens à l’alacrité à laquelle faisait référence François Hollande!

Même son de cloche chez le « meilleur d’entre eux ». Alain Juppé, pour ne pas le nommer, s’est un peu relâché durant sa traversée du désert au Canada en 2005, pour dire dans des salles de cours ce que les des dirigeants occidentaux murmurent dans leurs bureaux insonorisés.

Repêché par l’école nationale de l’administration publique de Montréal pour former des hauts fonctionnaires, lui qui a été reconnu coupable de « prise illégale d’intérêts » et loin des sourires factices et autres langages diplomatiques que lui imposaient ses responsabilités gouvernementales, le très probable prochain président français, a tout bonnement affirmé à ses étudiants que les peuples d’Afrique du Nord, n’ont pas d’autres alternatives que d’être gouvernés pas des dictatures militaro-affairistes.

Par ailleurs, inutile de donner une quelconque importance à l’opinion d’un hurluberlu comme Jean-Luc Mélenchon, qui s’est déclaré hostile à tout changement de frontières en Afrique, tracées, faut-il le lui rappeler, dans les bistros parisiens et londoniens!

En somme, les hommes politiques français, comme ceux du Canada, du Japon ou de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, agissent dans l’intérêt de leur pays et non pour imposer la démocratie ou aider un peuple à recouvrer sa liberté.

Attendre des rendez-vous électoraux dans des contrées étrangères pour faire un tapage médiatique stérile ou garnir sa page Facebook de photos pour assouvir un nombrilisme maladif, au moment où les régents d’Alger intensifient leur répression en Kabylie, est symptomatique d’une maladie ravageuse qui s’appelle le complexe du colonisé.

Les militants du MAK en France et au Canada, doivent mettre toute leur énergie pour sensibiliser en priorité la diaspora kabyle sur les retombées positives d’un État souverain en Kabylie. Ils doivent en conséquence, bannir cette culture de « quémandage » et de servitude volontaire et arrêter de courir derrière une visibilité éphémère et infructueuse. Car comme le dit avec beaucoup d’éloquence Mass Bouaziz Ait-Chebib en langue kabyle : « Deg assaɣen igreɣlanen, ullac tayri tilla-kan tiḥarci.»

Amar At-Ali-Usliman

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  1. L’article est intéressant ayen idnidh ila amana nukni mazalane dhi «les besoins primaires » tu vas essayer de réunir 10 personnes sur un seul point d’un projet , impossible chacun essaye de te faire un coup bas ou bien la fuite en avant s’il n.y a pas d’intérêt matériel. Nous avons un grave problème d’éducation et de culture, on obéit à aucune régle même nos dirigeants sont les premiers a transgresser les lois qu’ils ont eux mêmes voté. Moi je suis d’accord sur les déclarations de Alain jupé sur les peuples d’afrique.
    Tanmirt

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  2. Azul !
    Bravo Mr Amar At Ali Usliman pour cette contribution.
    Dans le cadre des activités et l’organisation des manifestations par le MAK à paris, des milliers peut être des dizaines de milliers de personnes défilent dans les rues avec des drapeaux et des chants kabyle sans qu’aucune TV française ou un autre media ne souffle un mot sur ces événements. Il ne faut donc pas se fier au langage diplomatique des hommes politiques français et autres ou à leur déclarations destinées aux ″quémandeurs″ assoiffés de reconnaissance et de considération toutefois légitimes, ces derniers (politiques) sont dans leur rôle et il ne faut pas à la limite leur en vouloir car ils cherchent chacun de son coté à grignoter des voix en plus pour surclasser son rival mais de là à croire les phraséologies banales de leur discours électoraliste c’est faire preuve d’une grande naïveté. Nous Kabyles avons malheureusement ce besoin d’être flatter, les autres profitent de ce sentiment pour nous gaver. Je cite pour preuve le nouvel an amazigh célébré chaque année à la mairie de paris où nos concitoyens kabyles écoutent religieusement l’intervention du ou de la maire de cette même ville qui vante les qualités et la grandeur des berbères à travers l’histoire mais passé cet événement, personne n’en parle du coté français. Tout comme les KDS qui essayent de plaire à leurs maitres, le gouvernement français fait de même avec les monarchies du golf qui ont tout intérêt à maintenir la kabylie sous la domination du régime colonial d’Alger.
    Tanemirt !

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  3. Pour élire un nouveau président de RF l´an prochain, la communauté kabyle votra le condidat qui va traité objectivement et equité avec leur partenaire du GPK(dans l´atmosphère de la confiance) la question de l´indépendance du pays kabyle et enfin mettre fin la politique à sens unqiue(T) qui consiste de soutenir systématqiuement le régime totalitaire de l´RADP sans prendre en vrais l ‘intérêt du pays kabyle!

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  4. La France officielle n’a JAMAIS pardonné aux Kabyles / chaouis et aux Rifains de l’avoir pourchassé de l’Afrique du Nord c’est pour cette raison qu’elle a offert sur un plateau d’argent cette terre AMAZIGH aux Arabo-islamo-baathistes.
    Afin d’alimenter les centrales nucléaires françaises en URANIUM à bon marché, elle à aussi empêché l’indépendance de l’AZAWAD de nos frères les TOUAREG, avec la complicité du QATAR et des services algériens qui ont introduit des islamo-terroristes dans ce territoire, ce qui a servi de prétexte pour FAFA, pour justifier son intervention militaire.

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  5. les kabyes de france sont nombreux ils doivent se creer un lobbying pour voter sur celui qui soutiendra la kabylie et pourquoi pas un lobbying amazigh nord africain pour s entraider maintenant on sait qu on peut compter que sur nous meme donc il faut creer des rapports de force rien d autres

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