Il est clair que la ligne éditoriale commune à toute la presse algérienne, qu’elle soit arabophone ou francophone, privée ou publique, depuis l’intronisation de Bouteflika, est la promotion de la politique de l’Etat, la médiatisation des actions de ses ministres et de ses agents au détriment de l’information vraie, de l’actualité brulante et de l’intérêt du citoyen qui achète ces journaux. Certains disent que la cagnotte publicitaire, monopole de l’État et des opérateurs économiques, en étroite collaboration avec ce même État, est une épée au dessus de la gorge de ces organes, qui ont plus intérêt à relayer la propagande officielle que de parler de grèves qui paralysent tous les secteurs, d’émeutes qui éclatent dans tous les coins du territoire, de corruption qui gangrène l’économie et surtout de la contestation citoyenne, en Kabylie ou ailleurs, porteuse de danger pour les tenants du pouvoir et surtout de salut pour les pauvres citoyens. L’exemple le plus criard est le silence radio absolu, si ce n’était l’intox et la désinformation, observé par les journaux algériens à l’égard des actions du MAK (Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie), notamment lors des grandioses marches du 20 avril et lors de la naissance du GPK (Gouvernement Provisoire Kabyle) le 1er juin 2010, au Palais des congrès, à Paris. Certes, on est pas au pays de Pullitzer qui affirmait « Notre République et sa presse graviront ensemble les sommets ou bien elles iront ensemble à leur perte. Une presse compétente, désintéressée, peut protéger cette morale collective de la vertu, sans laquelle un gouvernement populaire n’est qu’une escroquerie et une mascarade » mais le bon sens et l’éthique exigent, à défaut de dire toute la vérité, ne pas la déformer. Après la folie nationaliste qui s’est emparé des politiques, des journalistes et des populations algériennes, suite à la qualification d’une équipe algérienne médiocre et honteusement décrite de seul représentant arabe en coupe du monde, après les insanités d’Echourouk à propos du MAK et de son président, après les manipulations d’El Watan et du Quotidien d’Oran sous la plume des figures de proue de ces rédactions, voici des plumitifs, en mal de reconnaissance, qui dénaturent complètement des faits pour leur prêter une signification qui n’a de sens que dans la tête de leurs auteurs. Il est évident que ce genre de forfaits n’est pas gratuit. La règle est la même, il s’agit d’abord de cacher une vérité afin de manipuler l’opinion, en tous cas leurs lecteurs, l’embellir de qualificatifs fumeux, pour ensuite récolter les dividendes de ce détournement, à savoir la promotion et les primes qui vont avec. M. Makhedi, d’El Watan, inaugure le bal de l’intox en titrant « Il fausse le débat sur la régionalisation : la provocation de Ferhat Mehenni » (1) comme si le débat a eu, déjà, lieu et que le MAK, qui en réalité l’inaugure, vient le fausser, en parlant clairement et sans hypocrisie de Kabylie. Le journaliste, tout au long de son article n’a fait que relayer une déclaration de trois personnages auto-proclamés autonomistes, pour conclure, sans aucune enquête de terrain ni interview des concernés, que « ce projet suscite même l’inquiétude des citoyens qui souffrent déjà d’abandon de la part de l’État » sans se rendre compte, justement, que l’Autonomie est le seul palliatif à cet abandon. Pour le mot « provocation » il n’est pas facile de savoir ce qu’il fait dans le pseudo article ! L’auteur ne mentionne nullement ni le projet dont il parle, à savoir l’autonomie, ni un autre projet salvateur, puisque le projet du MAK n’est pas de son goût. Comme tout argument il préfère la facilité : « Le FFS propose le fédéralisme et le RCD la régionalisation ». Pathétique ! Dans son article « Haro sur le kidnapping » (2) traitant de l’enlèvement d’un citoyen kabyle dans la région de Fréha, A. Boukhlef, de La Tribune, préfère parler de citoyen « Algérien » et de mobilisation de « peuple Algérien » comme si l’événement se déroule dans une région algérienne que l’on ne peut, ou l’on ne veut, nommer ! Des assertions comme : « Cela fait plusieurs années en effet que les Algériens ont perdu cet élan de solidarité. Cette qualité si essentielle qui a permis d’arracher l’indépendance et de vaincre, des dizaines d’années plus tard, le terrorisme... Des Algériens sont sortis à Issenadjen, puis à Ath kouffi et aujourd’hui à Fréha... » n’ont rien à envier à un Edito d’El Moudjahid. L’auteur, trahi par son inconscient Kabyle, fait le constat amer, quand même, en fin de l’article : « Il est anormal de constater que ce phénomène d’enlèvements se limite presque exclusivement à la Kabylie » en prenant soin de rajouter une touche de doute. Il est inutile de rappeler à ce journaliste que la solidarité n’a jamais été algérienne et que la mobilisation citoyenne ne peut être que kabyle. Pendant une quinzaine d’années des algériens se sont fait égorgés, des villages entiers ont été massacrés et des élections ont été truquées sans que l’on voyait une bribe de cette solidarité algérienne. Les événements du Printemps Noir, et ses 128 victimes, sont là à nous rappeler que les algériens ne connaissent pas la solidarité surtout quand il s’agit de leurs « concitoyens » de Kabylie. L’allégeance et la vassalité l’ont remplacé. Une autre journaliste, S. Lokmane, du journal Liberté (3), poussée par la mythomanie jusqu’au délire, n’a pas trouvé mieux, pour faire l’apologie de l’arabisme, que de « dékabyliser », tout simplement, une élue britannique, du parti travailliste, Mouna Hamitouche, d’origine kabyle et qui vient d’être choisie par la population d’Islington à la tête de leur municipalité, dans la banlieue de Londres. « Mme Le maire s’est dite fière d’être la première femme d’origine arabe élue à ce poste » affirme la journaliste qui apparemment confond, à l’instar de ses concitoyens, kabylité, algérianité et arabité ou fait sciemment diluer l’élément kabyle dans le magma arabe. Dans un dossier traitant du développement de la ville de Tizi-Ouzou, signé par trois plumes de Liberté (4) aucune référence, ni allusion, à la Kabylie n’a été mentionnée. Dans leur interminable plaidoyer S. Leslous et Y. Arkat, sous la direction du « Grand » M. Haouchine parlent de la ville des Genêts, de la capitale du Djurdjura et même, comble de l’ironie, de « Lbilaj » mais pas un mot sur la Kabylie. Les signataires préfèrent parler de commerce informel, d’insalubrité et de « ratage urbanistique », par ailleurs constat général, que de mentionner clairement la volonté délibérée de l’État à livrer la ville, et toute la région qu’elle représente, au bradage, à la dépravation, à l’acculturation et à l’incivisme. Sciemment occulté, la ville de Tizi-Ouzou est d’abord la cité du combat pour la démocratie, des luttes politiques et syndicales, la capitale de Tamazight, des Droits de l’Homme et surtout du Printemps Noir, et les gouvernants de ce pays ne veulent pas de cette cité rebelle, et ils font tout pour la domestiquer. Les auteurs se font même les portes-parole du Wali de Tizi-Ouzou, qui promet monts et merveilles, en relayant et en décortiquant ses projets, alors que ce dernier ne fait qu’achever la besogne déjà entamée par ses prédécesseurs : « la normalisation ». Nos trois journalistes, connus par ailleurs pour leurs accointances, ont déjà fait, par le passé, de leur hostilité à tout ce qui est kabyle, et surtout au MAK, leur cheval de Troie dans l’arène journalistique. Voilà qu’ils deviennent des publicitaires du régime, après que leur journal a appelé, dans un passé récent, au retour de la gendarmerie, un corps vomi et chassé par le peuple Kabyle, 9 ans auparavant. Ces tentatives de manipulation médiatique qui viennent de journalistes « indépendants » sont commanditées sans compter avec l’incrédulité des véritables enfants de la région, qui savent pertinemment qu’ils n’ont rien à attendre d’un pouvoir maffieux et assassin, des commis de l’État sans légitimité ni d’indus élus opportunistes. Par leur statut, ces respectables journalistes ne peuvent dire autre chose que de relayer la parole de leur employeur, mais à défaut de pouvoir défendre la Kabylie, métier qui s’avère dangereux, ils ont beaucoup à gagner en relatant la vérité et les leurs le reconnaitront. L’Autonomie de la Kabylie, salutaire pour les villes et villages kabyles, et pour le peuple kabyle, que ces journaleux ne cessent d’occulter et de dénigrer, est un processus naturel irréversible, car inscrit dans la logique historique de la liberté et de l’autodétermination des peuples. Les Kabyles des At Jennad, comme leurs frères d’At Koufi et d’Iflissen, viennent de démontrer, encore une fois, que la Kabylie n’est pas soluble dans un ensemble algérien. La Kabylie c’est un peuple avec ses valeurs, c’est un Passé et c’est un Avenir. Ce n’est ni des dictateurs racistes, ennemis de la Kabylie, ni des gendarmes et policiers assassins et encore moins des plumitifs de service, qui cultivent le déni de soi, qui vont détourner le peuple Kabyle de sa trajectoire naturelle, sa Liberté. Notes : (1) : http://www.elwatan.com/Il-fausse-le... (2) : http://www.latribune-online.com/edi... (3) : Liberté, édition du 11 juillet 2010, dossier:Tizi ouzou : la ville abandonnée. (le lien ne fonctionne pas) (4) : Liberté, édition du 10 juillet 2010, une algérienne à la tête d’une mairie à Londres. (le lien ne fonctionne pas)
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Commémoration du 17 octobre : Saint-Michel aux couleurs de la Kabylie