De L’arrestation arbitraire à des peines injustes et racistes contre Kameleddine Fekhar et ses codétenus mozabites

Kameleddine Fekhar et ses amis

COMMUNIQUE (Tamurt) – Le docteur Kameleddine Fekhar  et ses codétenus  Mozabites ont été arrêtés  de façon arbitraire et raciste le 09 juillet 2015. Après 22 mois de détention provisoire, ils  ont été jugés  par le tribunal de  Médéa suite à des pressions intenses exercées par   les Nations unies, le parlement européen,  des ONG des droits humains : Humain Right Watch, Amnesty International, Freed  Hoom Hous et  le groupe  de détention arbitraire au niveau de l’ONU, le Comité de soutien au Dr Fekhar et ses codétenus, des ONG Amazighes, et le soutien de plusieurs activistes et militants Amazighs à travers le monde.

Durant cette période de détention imposée par le régime algérien qui a ordonné l’appareil judiciaire de monter un dossier de toutes pièces,  le Dr  Fekhar et ses codétenus ont fait l’objet d’accusations fabriquées pour lesquelles ils risquent une condamnation à la prison à vie. Armés de leur détermination et la force de leur conviction, le Dr Fekhar et ses compagnons ont observé plusieurs grèves de la faim pour protester  contre les pratiques racistes et inhumaines,  la torture psychologique, le manque de prise en charge médiale, les sanctions individuelles  et collectives à l’intérieur de la prison. Le procureur général  n’a donné aucune suite  à  la plainte portée par  le Dr  Fekhar contre  les agents de sécurité qui l’ont tabassé dans des commissariats,  et harcelé et maltraité  en prison. Ahmed Ouyahia n’a pas été convoqué pour témoigner sur les événements de Ghardaia. De son côté,  Amar Saadani, n’a pas été convoqué pour répondre de ses accusations à l’encontre de l’ex responsable du DRS le Général Mediene dit Toufik  selon lesquelles l’ex patron du DRS   a été derrière ces événements. Aucune suite n’a été donnée aux plaintes  déposées par le Dr Fekhar à  l’égard des services de sécurité  algériens  qui ont fait irruption dans sa maison tard dans la nuit, pour l’arrêter. Tous ces dépassements sont  une violation gravissime aussi bien  de la constitution algérienne  et des lois de la république que des conventions et traités  internationaux ratifiés par l’Algérie.

Le procès des détenus  a été amplement politique et honteux.  Il a  duré 04 jours à savoir du 24 au 29 mai 2017, durant lesquels le Dr  Fekhar a réitéré son engagement et sa détermination à  défendre ses opinions,   à faire éclater  la vérité  et à  affronter les  questions des juges en toute confiance. Devant la force des arguments du Dr Fkhar,  le   procureur général a été contraint de « reconnaitre »  ne rien à  voir avec la politique, et à déclarer  toute honte bue que l’emprisonnement de Fekhar est une protection pour lui pour en fin demander sans scrupule 10 ans de prison ferme contre le leader mozabite. Ce  procès  à l’instar de tous les autres procès contre le Dr Fekhar, n’est qu’une mascarade judiciaire vu que les décisions  ont été prises d’avance dans les hautes sphères du pouvoir algérien. Malgré les preuves  irréfutables qui innocentent  le Dr Fekhar et ses codétenus et qui prouvent  l’implication des  services de sécurité algériens, leur protection et leur soutien aux Arabes Chaanbas qui ont perpétré des crimes contre le peuple Amazighs du Mzab, le juge en bon exécutant des ordres du régime algérien,  a condamné  sévèrement les victimes : le Dr Fekhar et ses codétenus.

Le Mouvement pour l’Autonomie du Mzab (MAM)  dénonce les jugements sévères et injustes prononcés  à l’encontre des militants amazighs du Mzab, et condamne  avec force les pratiques racistes du régime algérien et ses appareils répressifs  (Police, gendarmerie,  justice)  qui continuent d’endeuiller  le peuple mozabite. A travers ses jugements infâmes,  les autorités algériennes confirment leurs  intentions de poursuivre leur  sale guerre,  contre le peuple d’At Mzab et perpétuer le déni identitaire à son égard.

Le MAM réitère son fraternel et indéfectible soutien aux détenus : Nacereddine Hadjadj, Bakir Alouani,  Baba  Nedjar Mohamed  et tous les détenus d’At Mzab  jusqu’à leur libération. Nous continuerons notre combat pacifique  jusqu’à l’aboutissement pour faire triompher les droits politiques, sociaux,  culturels et économiques des At Mzab  en sensibilisant nos citoyens sur la nécessité  de réaliser notre projet qui assure notre existence sur nos terres et assure la pérennité  de notre civilisation et nos valeurs humaines amazighes par la conscientisation de toutes les composantes de notre société : femmes, jeunes, associations… Nous tenons à remercier les Nations Unies et  le parlement européen  d’avoir exercé  des pressions sur l’Etat algérien  pour la tenue dans les plus brefs délais du  procès du Dr Fekhar et ses compagnons. Nous exprimons nos remerciements   à  l’organisation Humain Righ Whatch pour l’intérêt qu’elle a porté  au dossier de Fekhar dès son premier mois de détention arbitraire. Nous saluons Amnesty International  et le département américain des affaires étrangères  d’avoir inclus le dossier des détenus d’At Mzab  dans leurs rapports annuels respectifs concernant la  violation des droits de l’Homme en Algérie. Nous remercions également toutes les organisations amazighes pour leur soutien  au peuple d’At Mzab dans ses peines.   Les événements  de Ghardaia  ont donné naissance à une dynamique Amazighe de solidarité dans le monde.  Nous demandons aux organisations Amazighes de faire preuve de plus de coordination et de conjugaisons des efforts afin de venir en aide aux peuples Amazighs opprimés dans leurs pays. Ni votre prison, ni l’exil, ni vos menaces de mort n’arrêteront notre  combat. Gloire à nos martyrs ! Liberté pour Dr  Fekhar et tous les détenus politiques d’At Mzab !

Khodir Sekkouti
Porte-parole Officiel du MAM

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