Lettre ouverte à la communauté internationale (USA, Secrétaire Général de l’ONU, membres du Conseil de Sécurité de l’ONU, Union Européenne) Excellences, Mesdames et Messieurs, Le principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation a vécu. Il a été brandi à tort, des décennies durant, contre les peuples muselés et niés dans leur existence au nom d’une stabilité internationale qui n’a jamais totalement existé. Le temps est venu de le mettre au musée des États pour ouvrir les portes de la vie et de la liberté aux peuples qui en sont privés jusqu’ici. Il y va de la paix dans les pays décolonisés il y a 50 ans. Dans tous les cas, ou la communauté internationale consent à cette perspective où elle se fera barbare et cruelle en foulant aux pieds les valeurs les plus sacrées de l’humanité en livrant des peuples entiers à leurs bourreaux qui s’adonnent à la répression et effusion de sang, aux crimes contre l’humanité. Une telle posture, contraire au droit et à la liberté est inconcevable de nos jours. Les frontières coloniales sont de véritables bombes à retardement qui vont faire voler en éclats tous les pays qu’elles ont dessinés. Parce qu’elles ont été tracées contre la volonté de tous leurs peuples, qu’elles délimitent des espaces où seules des dictatures peuvent prospérer, il y a urgence à liquider les dogmes d’une époque révolue, celle de l’héritage colonial et du XXe Siècle, pour que l’humanité entre enfin de plain-pied dans la modernité du nouveau millénaire. Pour se prononcer sur l’indépendance de l’Azawad, il y a lieu de répondre à ces quelques questions. 1) Dans ces pays où les États sont opposés aux peuples, faut-il sauver les peuples contre leurs États ou sauver les États contre leurs peuples ? 2) Doit-on sacraliser les frontières des pays ou le droit des peuples à vivre en liberté ? 3) Peut-on se réclamer des valeurs de liberté et de démocratie pour son peuple et les refuser pour d’autres peuples ? Parce que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est supérieur à tous les autres, le peuple azawadien a le droit de proclamer son indépendance. Si un référendum n’a pu jusqu’ici avoir lieu, c’est parce que le pouvoir malien n’a jamais voulu en entendre parler. Dans le même ordre d’idées, faudra-t-il attendre que la Kabylie devienne violente, à son tour, pour se rendre compte que son combat pacifique pour son autodétermination n’a jamais été pris en compte ni par l’Algérie ni par la communauté internationale ? C’est pour toutes ces raisons que je vous demande de surseoir à tout rejet de cette proclamation en attendant que vous puissiez organiser sous votre autorité et en collaboration avec le MNLA et le pouvoir malien, un référendum d’autodétermination dans l’Azawad. Respectueusement. Paris, le 12 avril 2012 M. Ferhat Mehenni Président du Gouvernement Kabyle en exil
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