Après la série scandaleuse d’arrestations arbitraires, la série scandaleuse de procès politiques injustes

Détenus politiques du Mzab

COMMUNIQUE (Tamurt) – Chaque procès lève un peu plus le voile sur une « justice » aux ordres du pouvoir. Le 06 juin 2017 a eu lieu le procès d’un groupe de 23 mzabs, arrêtés le 24 novembre 2016, au tribunal de Taghardayt (Ghardaia). Trois d’entre eux, MM. Balhadj BELADDIS, Mohamed BADJELMAN et Brahim BOUSNANE, tous âgés de plus de 70 ans, ont été libérés le 22 décembre 2016 suite à la dégradation de l’état de santé de M. Brahim BOUSNANE qui a été hospitalisé dans des conditions mystérieuses.

Parmi les accusés, il y avait CHEKEBKEB Brahim, ELALOUANI Salah et CHERAIT Mustapha qui ont été jugé pour les mêmes accusations avec FEKHAR à Médéa le 27 mai 2017. Si ELALOUANI Salah et CHERAIT Mustapha ont été relaxé de nouveau, CHEKEBKEB Brahim vient d’être condamné à Taghardayt après avoir été relaxé à Médéa. C’est un scandale ! Et le mot scandale n’est pas assez fort. Juger des citoyens deux fois pour les mêmes accusations en l’espace de dix jours est illégal ! Le tribunal de Taghardayt a bien été informé du premier jugement par la défense, et le dossier des accusés contient la procédure de déplacement des 3 détenus à Médéa et leur retour à Taghardayt sous ordres du parquet. Ceci n’a pas fait réagir le tribunal qui n’a vu aucun problème de rejuger les 3 accusés concernés, pour les mêmes accusations. 21 des 23 accusés, dont 19 détenus, étaient présents au procès. Comme les précédents procès, c’est sur la base de dossiers vides de tout fait et preuve que les peines injustes sont prononcées. C’est une autre preuve de l’instrumentalisation criminelle de la justice par le pouvoir algérien qui vient d’être donnée. Les dossiers des détenus étant vides, le juge, sous instruction du pouvoir sans aucun doute, prononce des condamnations pour couvrir la période de la détention préventive injuste et illégale.

Le procureur général, par sa brève intervention, prouve que ces procès sont politiques. D’après Me Salah DABOUZ, aucune remarque n’a été faite par le procureur général sur le contenu du dossier à part prétendre que les accusés assument ce qu’on leur reproche, sans donner le moindre fait ni la moindre preuve. Il termine par demander au tribunal de reconnaitre les accusés coupables et de les faire bénéficier de circonstances atténuantes car le calme est revenu dans le Mzab. C’est tout simplement un discours politique. Le travail du procureur c’est de représenter la société en traitant les dossiers qu’il a entre ses mains et doit parler de faits et de preuves. S’il ne l’a pas fait c’est tout simplement qu’il n’y a ni faits ni preuves pour l’ensemble des accusations. La couleur est annoncée dès le début de l’audience par un juge « un peu trop autoritaire », pour reprendre l’expression de Me DABOUZ, en essayant d’étouffer le premier accusé interrogé. En posant ses questions, le juge ne cherchait pas des réponses car il interrompait systématiquement les accusés pour proposer carrément les siennes à la place de l’accusé. Les questions étaient uniquement à charge, or un juge doit être neutre et poser des questions à charge et à décharge de l’accusé car cherchant uniquement la vérité, et tout accusé est présumé innocent avant de prouver sa culpabilité. Le comportement de ce juge est le comportement de quelqu’un qui a déjà un préjugé. Il existe une seule explication à ce comportement : les instructions données par le pouvoir étaient telles que les accusés doivent être déclarés coupables. Il a fallu l’intervention de Me DABOUZ et Me MELLAH lui rappelant, diplomatiquement, les principes de la justice et menaçant même de quitter la salle pour que le juge change d’attitude. En changeant d’attitude après l’intervention des avocats, le juge plaide coupable et se décrédibilise. Me DABOUZ remarque qu’aucune question de l’interrogatoire subit par les accusés, qui a duré plus de 5 heures, n’est en relation avec les huit chefs d’inculpations dont quatre criminels ! Les avocats ont soulignés l’absence de tout fait en relation avec les accusations, ce qui explique l’absence de questions en relations avec les accusations d’une part, et d’autre part la brièveté de la plaidoirie du procureur. Que pouvait-on dire quand on n’a rien à dire ? En effet, les dossiers des accusés, à part les accusations, sont vides. La défense a aussi rappelé les faits et preuves de la culpabilité de responsables centraux, et pas des moindres, à l’image d’Ahmed OUYAHIA.

Une dizaine d’accusés ont été relaxés. Les autres, plus de la moitié, ont été condamnés à une année de prison dont six mois fermes. Tous les détenus, à part deux qui ont été libérés un mois après leur incarcération, sont libérés car ayant déjà passé sept mois en prison. M. Balhadj BELADDIS, âgé de 74 ans, qui a été libéré un mois après son arrestation en novembre 2016 est réincarcéré pour purger les cinq mois qui restent. Avec un pouvoir voyou, il est tout à fait normal que les honorables et honnêtes citoyens sont condamnés a de lourdes peines quand les criminels sont soutenus par les policiers et gendarmes au vu et au su du monde entier, et épargnés par la « justice ».

Un autre procès est attendu, le 11 juin 2017 à Médéa, où M. Nacereddine HADJADJ, militant des droits humains et membre de l’exécutif du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) doit répondre devant une justice partiale du seul crime qu’il a commis, à savoir « Dénoncer les agissements criminels du pouvoir » Honte aux représentants des institutions mzabs qui ne se sont pas gêné de faire la propagande à BOUTEFLIKA pendant les différentes élections présidentielles et qui se taisent devant la détention puis la condamnation du deuxième Imam sans parler du reste des détenus innocents dont des membres Azzabas. Nous dénonçons, encore une fois, ces condamnations injustes, émises par l’appareil judiciaire qui n’est qu’un outil de répression entre les mains d’un pouvoir raciste et criminel. Nous félicitons l’ensemble des mzabs libérés, ainsi que leurs familles, et nous espérons la libération du reste des détenus. Gloire aux martyrs mzabs et liberté pour tous les détenus Mzabs.

Paris le 08 juin 2017
Président d’Izmulen
Mohammed Dabouz

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