Après Ath Yahia Moussa et Ouadhias : Les lycéens de Maâtkas ont marché contre l’exclusion de Tamazight

marche contre exclusion tamazight

MAATKAS (Tamurt) – Ce mercredi, la ville de Maâtkas (située à vingt-cinq kilomètres du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou) a été envahie  à son tour par des centaines de lycéens scolarisés dans les deux lycées de la commune, à savoir le lycée « Zlibou » et le Technicum. Les lycéens de ces deux établissement scolaires ont, de ce fait, emboîté le pas à ceux des autres localités de Kabylie qui ont décidé de réagir énergiquement suite à un vote des députés algériens contre un projet de loi visant à promouvoir la généralisation de la langue Tamazight.

La marche de Maâtkas a été suivie massivement par tous les lycéens qui ont ainsi décidé de déserter les bancs de leurs écoles pour exprimer leur colère face à l’exclusion institutionnelle flagrante qui vise leur langue maternelle. Pourtant, on ne cessera jamais de le rappeler, la constitution algérienne confère un semblant de reconnaissance à la langue amazighe comme langue officielle, depuis 2016. Mais non pas comme langue de l’Etat. Car la même constitution stipule explicitement que la langue de l’Etat algérien reste la langue arabe. La même constitution stipule aussi, dans son préambule, que l’Algérie « est une terre arabe » sans se référer aucunement à l’identité et langue amazighes. Une contradiction de taille qui a fini par être mise à nu sur le terrain moins de deux années plus tard, après la validation de cette même constitution.

Pour rappel, il y a quelques jours, les députés algériens de l’Assemblée populaire nationale (APN) ont voté « Non » concernant un article figurant dans la Loi de finances de l’année 2018 stipulant la promotion de la langue Tamazight en vue de sa généralisation progressive au niveau de tous les établissements scolaires. Pour rappel, ni le RCD, ni le FFS n’ont dénoncé ce grave dérapage des députés algériens qui vient remettre en cause tous les acquis d’un combat identitaire qui dure depuis les années quarante.

Tahar Khellaf pour Tamurt

Partager cet article

Réagir

*