A l’initiative du HCA, Tamazight dans le tourisme


ALGÉRIE (Tamurt) – Une rencontre entre le ministre du Tourisme algérien et le secrétaire général du Haut commissariat à l’Amazighité a permis de conclure, cette semaine, un accord visant à introduire progressivement la langue amazighe dans le secteur du tourisme.

D’après un communiqué ayant sanctionné la rencontre entre les deux responsables en question, une délégation du Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA) conduite par son secrétaire général, M. Si El Hachemi Assad, a été reçue M. Hacène Mermouri, Ministre du tourisme et de l’artisanat, au siège du Ministère. « La discussion a tourné autour d’un programme de partenariat entre les deux institutions conformément aux dispositions de la Constitution, notamment son article 4 qui stipule que tamazight est langue nationale et officielle et que l’Etat œuvre à sa promotion et à son développement dans toute sa diversité linguistique, à travers le territoire national », ajoute le communiqué du HCA.

Et d’ajouter : « Outre une collaboration pour l’organisation des premières journées poétiques d’expression amazighe à Illizi prévues du 20 au 24 octobre 2017, coïncidant avec l’ouverture de la saison touristique dans le Grand Sud, les deux parties ont convenu d’intégrer la dimension amazighe à travers un atelier d’initiation et de formation au profit des guides touristiques ».

En outre, il est précisé qu’il a été question aussi de généraliser et de consolider l’expérience de l’utilisation du tifinagh sur les frontons des institutions. « La mise en œuvre des principaux axes de ce partenariat sera définie ultérieurement dans le cadre d’un protocole d’accord entre le Ministère du tourisme et de l’artisanat et le Haut Commissariat à l’Amazighité », conclut le communiqué du HCA. Il s’agit d’une parmi tant d’autres démonstrations médiatiques, qui n’aura sans doute aucun prolongement réel sur le terrain.

Comme on a eu à le constater déjà, toutes les informations livrées par le HCA concernant la promotion de tamazight restent sans suite. C’est le cas par exemple de la généralisation de l’enseignement de la langue amazigh dans les 48 wilayas, qui ne s’est jamais concrétisé en vérité. D’ailleurs, le HCA n’évoque jamais le cas de l’Académie de promotion de la langue amazighe prévue par la constitution, il y a plus de deux années, et qui ne voit toujours pas le jour.

Le HCA est chargé par l’Etat algérien de camper juste le rôle de figurant dans l’échiquier institutionnel algérien afin d’étouffer toute tentative allant dans le sens de la revendication amazighe, en faisant croire que tamazight est désormais reconnue et prise en charge. Alors que sur le terrain, rien n’est moins vrai comme tout le monde le sait. A commencer par Assad Si El Hachimi, le secrétaire général du même HCA.

Tahar Khellaf pour Tamurt

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  1. Sauf un Etat né Amazigh est à meme véhiculer la symbolique Berbére. L’Etat arabe est la negation de l’Amazighité. L’amazighitè octroyée sert à amplifier l’assimilation.

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  2. Le pays des paradoxes appelé aussi pays des Mickey, Mickey arabes bien sur : il n’y a pas de touristes, mais ils ont un ministère du tourisme.
    Dans la fonction de  » HAUT commissaire à l’amazighité « , la seule chose qui soit vraiment haute c’est le salaire du commissaire, sinon tout le reste n’est qu’un trompe l’oeil.

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  3. Le HCA n’est qu’un artifice du pouvoir dans le but de saboter la promotion de notre langue maternelle. C’est un mécanisme servant les desseins du pouvoir colonial arabo algérien. Cet article rappelle à juste titre que cet organisme, depuis sa création, n’a pas généralisé comme il était dans son objectif de le faire, Tamazight aux régions algériennes. Il est à l’affût de tout roublardise qui mettrait notre langue sur la voie de garage définitive. Il tente tous les coups afin de porter un coup fatal à la langue de nos ancêtres. Sa dernière trouvaille est de généraliser Tifinagh sur les frontons, l’objectif de cet organisme n’est nullement de promouvoir notre langue mais de se précipiter sur les caractères Tifinagh afin d’empêcher la voie majoritaire Kabyle tant au sein du peuple Kabyle qu’au niveau des intellectuels et producteurs d’écrits en Kabyle qui appellent à la généralisation des caractères latins, donc d’empêcher cette voie de passer. S’il opte aujourd’hui pour Tifinagh c’est pour contrer le Peuple Kabyle majoritairement acquis à l’idée de libération de la Kabylie. C’est la politique des petits pas qui à la fin leur permet de garder les Kabyles dans le statut de sous citoyens. Tifinagh leur sert dans cette histoire de pare feu contre la libération de la Kabylie. Et le pouvoir colonial a compris la leçon du voisin marocain qui a réussi à éteindre définitivement Tamazight en la contenant dans les caractères Tifinagh qui signifient pour elle une voie de garage et un arrêt définitif. Car les caractères Tifinagh n’existent sur aucune machine outil du monde et ce n’est pas demain que cela va changer. Ces caractères ne sont ni pratiques pour la communication ni pour les moyens matériels.

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